Résultats du bac: Ranitea Gobrait, 20,32 de moyenne à l'examen... et toujours sur liste d'attente dans Parcoursup

EXAMEN La lycéenne, major du bac 2018 en Polynésie, a été refusée dans tous les établissements parisiens dans lesquels elle a postulé…

20 Minutes avec AFP

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Ranitea Gobrait, en terminale S au lycée La Mennais de Papeete, est major du bac dans l’archipel.
Ranitea Gobrait, en terminale S au lycée La Mennais de Papeete, est major du bac dans l’archipel. — Mike LEYRAL

Championne de Polynésie du 800 mètres nage libre, Ranitea Gobrait, en terminale S au lycée La Mennais de Papeete, est major du bac dans l’archipel, avec une moyenne de 20,32 sur 20... mais ne sait toujours pas où étudier à la rentrée.

Avec 20 sur 20 en philo, 20 en histoire, 20 en maths, 20 en physique-chimie, 20 en anglais, 20 en mandarin, 20 en espagnol, et 20 en natation, Ranitea a presque fait un sans-faute. Ses seuls petits écarts : un 15 en TPE, un 18 en sport. En français, elle a obtenu 18 à l’écrit et 19 à l’oral.

Elle a été refusée dans tous les établissements parisiens

Et pourtant, elle reste à la recherche d’un établissement pour l’accueillir à la rentrée : elle a été refusée dans tous les établissements parisiens dans lesquels elle a postulé, et reste en liste d’attente dans le lycée toulousain Pierre-de-Fermat pour une classe prépa d’ingénieurs.

« Je trouve ça aberrant. Je ne suis pas la seule dans ce cas : il y a beaucoup de bons élèves qui subissent le fait d’être à Tahiti. Les grandes prépas nous ont laissés de côté, nous les îles d’outre-mer (…) Je trouve que c’est dommage de nous fermer les portes comme ça, on devrait nous laisser notre chance », regrette Ranitea.

«Avec APB, il y avait moins de cas comme ceux-là»

Faute de classe préparatoire, elle ira le cas échéant à l’université de la Polynésie française. Plusieurs de ses amies qui n’ont pas été admises en métropole et ont obtenu des moyennes supérieures à 18 au bac ont choisi de partir à l’étranger.

Pour Valérie Faua, directrice du lycée privé La Mennais, « on est forcé de constater qu’être en Polynésie française, ça peut défavoriser les élèves qui demandent des formations bien particulières (..) cette année, avec Parcoursup, ça a été un peu plus flagrant : avec APB, il y avait moins de cas comme ceux-là », affirme-t-elle.