L’Iran demande à Donald Trump de cesser de tweeter sur les cours du pétrole

TWITTOMACY Le représentant de l’Iran auprès de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a dénoncé jeudi l’effet des tweets du président américain sur le prix du baril de brut…

C.P.

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Installation pétrolière en Iran.
Installation pétrolière en Iran. — AY-COLLECTION/SIPA

Les tweets de Donald Trump sont au cœur d’un nouveau bras de fer diplomatique… et pétrolier. Dans un communiqué relayé jeudi par l'agence de presse du ministère iranien du Pétrole, le représentant de l’Iran auprès de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a demandé au président américain de cesser d’interpeller l’Opep sur les réseaux sociaux : « M. le Président, puis-je vous demander de quoi vous parler ? L’Opep n’a pas fixé les prix du pétrole au cours des trente dernières années, c’est un marché financier et des réseaux régionaux pour les bruts de référence qui le font. Vous imposez des sanctions sur les principaux producteurs, fondateurs de l’Opep, et vous leur demandez quand même de réduire les prix ?! Depuis quand avez-vous commencé à donner des ordres à l’Opep ? », déclare Hossein Kazempour Ardebili avant d’ajouter : « avec vos tweets fréquents et indécents, les cours du pétrole ont grimpé de plus de 10 dollars par baril. s’il vous plaît, arrêtez, sinon ils vont monter davantage ! »

Un argument électoral pour Donald Trump

Le président américain demande régulièrement à l’Opep de réduire ses tarifs en augmentant sa production. Mercredi, Donald Trump s’en est à nouveau pris au « monopole de l’Opep » dans un tweet. « Ils poussent les prix plus haut alors même que les Etats-Unis défendent beaucoup de ces membres pour peu de dollars », a-t-il accusé.

« Nous approchons des élections législatives [en novembre aux Etats-Unis], et le président américain est de plus en plus obsédé par les prix de l’essence », a jugé auprès de l'AFP Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix.

L’Opep et ses partenaires ont annoncé fin juin assouplir l’accord de limitation de la production, mais les prix du brut ont continué de grimper alors que les marchés craignent des perturbations de l’offre. « La production iranienne est la plus en danger, car l’administration américaine vise les exportations [de pétrole à travers ses sanctions], ce qui pourrait réduire l’offre mondiale d’un million de barils par jour », ont souligné les analystes de Goldman Sachs, qui citent également les perturbations au Venezuela, en Libye et au Canada.