Ethiopie: Les violences interethniques ont poussé plus de 800.000 personnes à fuir depuis juin

MONDE Selon un rapport de l’Onu et du gouvernement éthiopien rendu public mercredi, plus de 1,2 million de personnes ont été contraintes à l’exode depuis avril…

C.P.

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (au centre) le 21 juin 2018 à Addis Abeba.
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed (au centre) le 21 juin 2018 à Addis Abeba. — YONAS TADESSE / AFP

La situation humanitaire devient plus dramatique de semaine en semaine en Ethiopie. Les violences interethniques qui ont éclaté en avril dans le sud du pays auraient poussé plus de 1,2 million de personnes à fuir, selon un rapport des Nations Unis et du gouvernement publié mercredi et relayé par l’agence Reuters. 

Au seul mois de juin, plus de 800.000 personnes ont dû quitter leur domicile et ont besoin de nourriture et d’aide, malgré les appels au retour lancés par des chefs traditionnels. « Les violences qui se poursuivent dans les zones de Gedeo et de Guji occidental depuis début juin (…) ont conduit à l’exode de 642.152 personnes dans la zone de Gedeo et de 176.098 dans la zone de Guji occidental dans la région d’Oromia », précise le rapport.

Destructions de maisons et d’infrastructures

« La situation sécuritaire reste difficile malgré le déploiement des forces armées éthiopiennes dans la zone, avec notamment des destructions de maisons et d’autres installations et infrastructures de service », indique le rapport.

Après la démission du Premier ministre Hailemariam Desalegn en février, sur fond de protestations éthniques, le nouveau chef de gouvernement Abiy Ahmed entré en fonction en avril a promis de mener des réformes politiques et économiques pour lutter contre la marginalisation dénoncée par certains groupes ethniques, dont les Oromos, son propre groupe.

Des diplomates cités par Reuters estiment plus de 200 personnes ont été tuées le mois dernier, une estimation invérifiable dans le contexte d’affrontements.

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