L'Europe, enjeu central des législatives serbes

DECRYPTAGE Comprendre pourquoi les Serbes se rendentaux urnes ce dimanche...

A Belgrade, Amélie Cano et David Breger

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Manifestation pro-européenne à Belgrade, le 10 mai 2008, à la veille des élections.
Manifestation pro-européenne à Belgrade, le 10 mai 2008, à la veille des élections. — Reuters

Ce dimanche 11 mai, les Serbes élisent leurs 250 représentants au Parlement. Ce scrutin intervient à peine un an et demi après les dernières législatives.

Pourquoi des élections anticipées ?
Le 17 février, la province autonome à majorité albanaise du Kosovo déclare son indépendance. Une proclamation unilatérale rapidement reconnue par une grande majorité des pays de l'Union européenne. En Serbie, le gouvernement de coalition, déjà divisé, ne survit pas à ce séisme.

Le Premier ministre Vojislav Kostunica, en désaccord avec la politique pro-européenne du président Boris Tadic, démissionne le 8 mars et convoque des élections anticipées. Pour Kostunica, la poursuite de l'intégration dans l'Union ne peut se faire au prix de l'abandon du Kosovo.

Quelles sont les forces en présence ?
Dans les sondages, le Parti démocratique (DS) pro-européen du président Boris Tadic est au coude à coude avec les ultra-nationalistes du Parti radical serbe (SRS) qui prônent le rapprochement avec la Russie.

Mais le résultat des élections ne devrait pas déboucher sur une majorité claire. Ce seront les petits partis et le jeu des alliances qui décideront de la nouvelle majorité. Le Parti démocratique de Serbie (DSS) de Kostunica, possible allié du SRS, ou les libéraux pro-européens du Parti libéral démocrate (LDP) pourrait jouer les arbitres.

Quels sont les enjeux de ce scrutin ?
La poursuite de l'intégration dans l'Union européenne est au cœur de cette élection, mais le choc émotionnel provoqué par la perte du Kosovo, une province qui symbolise aux yeux de nombreux Serbes le berceau culturel et historique du pays, a semé le doute.

En Serbie, où le taux de chômage est d’environ 25%, la question économique reste également essentielle. La récente signature de l'Accord de stabilisation et d'association (ASA), premier pas vers l'adhésionà l’UE, est considérée comme une trahison par les opposants de Boris Tadic. Le président a d'ailleurs récemment reçu des menaces de mort.

Dans ce contexte de tensions, de nombreux Serbes sont encore indécis. Et même parmi ceux qui se rendront aux urnes, beaucoup doutent de l’utilité de leur vote.

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