Projet d'attentat: Deux personnes mises en examen en Belgique, une troisième en garde à vue en France

ENQUETE Le couple a été interpellé dans une commune de Bruxelles en possession d’explosifs…

20 Minutes avec AFP

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Un policier devant une salle du tribunal de Bruxelles, en Belgique.
Un policier devant une salle du tribunal de Bruxelles, en Belgique. — JOHN THYS / AFP

Un couple de Belges d’origine iranienne a été arrêté samedi à Bruxelles pour avoir planifié un attentat à l’explosif contre un rassemblement de l’opposition iranienne en France. Ils ont été mis en examen, a annoncé ce lundi le parquet fédéral spécialisé dans les affaires de terrorisme. En France, deux personnes ont été relâchées et une troisième est encore en garde à vue dans cette même enquête.

Le couple a été interpellé dans une commune de Bruxelles en possession d’explosifs. Il est soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat à la bombe samedi à Villepinte, près de Paris, lors d’un rassemblement organisé par les Moudjahidines du Peuple Iranien (MEK), a précisé le parquet dans un communiqué.

Informé, le parquet français avait ouvert une enquête pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » le 28 juin, deux jours avant le meeting. Elle a été confiée à la DGSI (Direction général de la sécurité intérieure), selon une source judiciaire.

Un rassemblement politique visé

La Belgique a mis en examen le couple ce lundi pour «tentative d'attentat terroriste et de préparation d’une infraction terroriste ». Un diplomate iranien, contact du couple, a été interpellé en Allemagne et une autre de leurs relations a été arrêtée en France, a annoncé le parquet. Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans cinq localités en Belgique. Aucune information n’a été communiquée sur leurs résultats.

« L’attentat terroriste a pu être déjoué grâce à une collaboration entre la sûreté de l’Etat belge et les autorités judiciaires françaises et allemandes », a affirmé le parquet. Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été interceptés samedi à bord de leur véhicule Mercedes dans lequel les policiers ont découvert « environ 500 grammes de TATP », explosif utilisé dans les attentats commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016 notamment.

25.000 personnes rassemblées

S’y trouvait également « un mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette », précise le communiqué. Les services de déminage ont été appelés pour faire sauter l’explosif de manière contrôlée. Leur cible était une conférence organisée par les Moudjahidine du Peuple Iranien, un parti d’opposition iranien fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981, à laquelle ont assisté près de 25.000 personnes samedi, a précisé le parquet.

Accusé d’avoir fomenté le projet terroriste, le gouvernement iranien a vigoureusement nié toute implication ce lundi. « L’Iran condamne sans équivoque toute forme de violence et de terrorisme, où que ce soit, et est prêt à travailler avec toutes les parties concernées pour dévoiler ce qui est un stratagème sinistre mené sous une fausse bannière », a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif.

L’enquête menée par la Belgique en coopération avec les autorités judiciaires françaises et allemandes a également conduit à l’interpellation d’un diplomate iranien basé en Autriche. Ce contact du couple vivait en Allemagne, selon la même source.