Violents affrontements à Beyrouth: au moins sept morts

LIBAN Pour le chef du Hezbollah, ou le gouvernement revient sur ses décisions ou c'est la guerre...

De notre correspondant à Beyrouth, David Hury

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Des manifestants ont bloqué mercredi des routes au Liban, dont celle de l'aéroport international de Beyrouth, et ont brûlé des pneus pour réclamer une revalorisation de salaires, sur fond de grave crise politique.
Des manifestants ont bloqué mercredi des routes au Liban, dont celle de l'aéroport international de Beyrouth, et ont brûlé des pneus pour réclamer une revalorisation de salaires, sur fond de grave crise politique. — Joseph Barrak AFP

Le secrétaire général du Hezbollah a choisi la politique de la petite carotte et du gros bâton à l’égard du gouvernement de Fouad Siniora. Alors que Beyrouth et son aéroport sont complètement paralysés depuis mercredi par des émeutiers et que les affrontements entre pro et anti-gouvernement ont gagné toutes les régions du pays, le discours de Hassan Nasrallah était extrêmement attendu.

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Vers 16h10 (heure locale), de longs tirs d’armes automatiques ont marqué l’arrivée sur les ondes du «Sayyed». Nasrallah est apparu décontracté, rigolant à plusieurs reprises, tout en jouant un double jeu. «Le gouvernement doit savoir que c’est lui qui a mené le pays à cette situation dangereuse. Nous ne voulons pas faire de coup d’Etat mais personne ne doit s’en prendre à nous», a-t-il expliqué depuis son studio souterrain.

La balle est dans le camp du gouvernement

Le leader du Hezbollah a clairement accusé l’équipe du Premier ministre Fouad Siniora, et surtout le druze Walid Joumblatt, d’instrumentaliser l’affaire du réseau téléphonique parallèle mis en place par le Hezbollah au Liban, et le limogeage du responsable de la sécurité de l’aéroport, un proche du parti de Dieu. «Le gouvernement, sous les ordres de la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, attendait une occasion pour prendre le contrôle de l’aéroport, a répliqué Nasrallah. Nous ne voulons pas de la CIA ou de FBI à l’aéroport. Et l’ouverture de l’enquête sur notre système de communication est une véritable déclaration de guerre!»

Avec sa voix douce habituelle, le chef du Hezbollah n’a vu que deux options pour sortir de la crise: la guerre, ou le dialogue une fois que le gouvernement libanais sera revenu sur ses dernières décisions. Dès 17h40 et la fin de la conférence de presse de Hassan Nasrallah, de nombreuses détonations et rafales de tirs ont raisonné dans Beyrouth. Des affrontements ont éclaté entre partisans de la majorité et ceux de l’opposition. Par ailleurs de fortes détonations ont été entendues du côté de Ras en-Naba (à côté de l'ambassade de France), où les membres du Hezbollah obligent les gens à de leurs maisons dans ce quartier mixte sunnite-chiite. Bilan des affrontements dans la soirée: au moins sept morts, selon des sources hospitalières et de sécurité.

Un nouveau cycle de violence qui fait craindre le retour de la guerre civile dans la capitale libanaise, où la population retrouve ses vieux réflexes: faire de grosses provisions, la queue aux stations services et aux guichets de banque. Ce jeudi soir, la balle est dans le camp du gouvernement.