Royaume-Uni: Un rapport pointe la tolérance de l'Angleterre envers les mauvais traitements des prisonniers américains

PRISONS Selon un rapport, les autorités britanniques avaient conscience des mauvais traitements infligés aux prisonniers détenus par les Etats-Unis peu après le 11-Septembre...

20 Minutes avec AFP

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Des activistes protestent contre la prison de Guantanamo, en janvier 2018.
Des activistes protestent contre la prison de Guantanamo, en janvier 2018. — Brendan Smialowski / AFP

Informé d’actes de torture et de mauvais traitements sur des prisonniers américains, le Royaume-Uni a-t-il fermé les yeux ? C’est ce que soutient un rapport parlementaire publié ce jeudi par le Parlement britannique. Livraison de prisonniers suspectés de terrorisme ou large tolérance aux mauvais traitements, les auteurs du rapport ont compté 38 cas considérés comme « inexcusables ».

« Le Royaume-Uni a toléré des actions et en a pris d’autres, que nous considérons comme inexcusables », estiment les rédacteurs de ce rapport. Selon eux, les autorités britanniques avaient conscience des mauvais traitements infligés aux prisonniers détenus par les Etats-Unis peu après les attentats du 11 septembre 2001. « Il y a au moins 38 cas, en 2002 uniquement, d’officiers ayant assisté ou entendu parler de mauvais traitements ».

« Il ne fait aucun doute que les Etats-Unis, et d’autres, maltraitaient les détenus, et que les services de renseignement [britanniques] en étaient conscients à un stade précoce », écrivent-ils.

Détention secrète contre rémunération

Le Royaume-Uni aurait alors décidé de fermer les yeux. « Il n’y a eu aucune tentative d’identification des risques [de torture ou de traitements dégradants] (…) lorsque les Britanniques ont remis secrètement des personnes suspectées de terrorisme à des pays étrangers », affirment les députés dans leur rapport. Ils ont également identifié trois cas dans lesquels les agences de renseignement britanniques « ont fait, ou ont offert de faire, une contribution financière à d’autres » agences pour mener ces opérations de détention et d’interrogation secrètes.

Selon le rapport, dans 28 cas, les services de sécurité britanniques « avaient planifié ou accepté » ce type d’opérations secrètes et dans 22 autres cas, ils « ont fourni des renseignements pour permettre » ces opérations.

2.000 à 3.000 interrogatoires concernés

Le rapport révèle également que les services de sécurité britanniques ont participé à entre 2.000 à 3.000 interrogatoires de personnes détenues par les États-Unis en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo après les attentats de 2001. Les parlementaires n’ont trouvé aucune preuve que des officiers britanniques aient participé directement à des mauvais traitements mais ont déclaré que dans deux cas, ils « ont pris part à des mauvais traitements administrés par d’autres ».

Le mois dernier, le Royaume-Uni avait reconnu sa culpabilité et présenté des excuses sans précédent à un ex-opposant libyen, Abdelhakim Belhaj, et à sa femme, reconnaissant sa participation à leur capture et leur livraison au régime du colonel Kadhafi qui les avait torturés.

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