La France prête à envoyer deux navires militaires en Birmanie

CYCLONE Les Etats-Unis estiment qu'il pourrait y avoir plus de 100.000 morts...

C.F avec agence

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Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a qualifié de "bon signe" et de "petit espoir" le fait qu'elles aient cependant donné leur feu vert à l'envoi d'un avion transportant du matériel humanitaire, avec une première petite équipe du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a qualifié de "bon signe" et de "petit espoir" le fait qu'elles aient cependant donné leur feu vert à l'envoi d'un avion transportant du matériel humanitaire, avec une première petite équipe du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). — AFPTV

La France ne compte pas se désintéresser de la Birmanie. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a donné l'ordre mercredi à deux navires militaires français de se tenir prêts à faire route sans délai vers les côtes birmanes pour délivrer une aide humanitaire d'urgence. Les deux navires, le bâtiment de projection et de commandement (BPC) Mistral et la frégate Duplex, participent actuellement à un exercice humanitaire avec la marine indienne.


Un projet d'autant plus urgent que selon la chargée d'affaires américaine en Birmanie, Shari Villarosa, le bilan du cyclone pourrait dépasser les 100.000 morts «dans la région du delta».

Echec de la proposition française à l'ONU

Plus tôt, Bernard Kouchner avait déclaré qu'il souhaitait que le Conseil de sécurité des Nations unies adopte une résolution qui «imposerait» au régime birman de laisser passer l'aide internationale destinée aux victimes du cyclone Nargis.

En vain. L'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Maurice Ripert, a indiqué qu'il avait échoué à imposer ce projet lors d'un compte-rendu de la situation par le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, John Holmes.

Il a vivement déploré que cette proposition ait été repoussée «par certains pays qui estiment que la question n'est pas du ressort du Conseil de sécurité». «Nous sommes très déçus», a-t-il dit sans préciser quels étaient ces pays. De source diplomatique, on a indiqué qu'au moins cinq pays sur les quinze membres du Conseil s'étaient opposés à la proposition française, l'Afrique du Sud, la Chine, la Libye, la Russie et le Vietnam.

«Un effet de manche»

Un refus qu'avait anticipé François Raillon, spécialiste de l'Asie du Sud-Est. «L'ONU peut intervenir au nom du maintien de la paix en cas d'agression d'un pays par un autre, mais pas plus. L'ingérence est contraire à la charte des Nations unies qui prône la souveraineté des Etats», indique-t-il.

Selon lui, la Chine s'oppose parce qu'elle pourrait être visé à son tour au sujet du Tibet et la Russie parce qu'elle soutient le régime birman et qu'elleil lui vend des armes.

L'aide parvient au compte-gouttes

L'aide internationale ne parvenait ce mercredi qu'au compte-gouttes aux millions de Birmans privés de nourriture, d'eau, d'abri. Des travailleurs humanitaires sont encore bloqués aux portes du pays, aucun nouveau visa n'ayant été accordé cinq jours après le passage du cyclone. Des experts ont mis en garde contre les risques imminents de crise sanitaire.

Les militaires birmans, qui exercent un pouvoir sans partage sur le pays depuis 1962, ont juste accepté le principe d'une aide internationale et donné leur feu vert à un avion transportant du matériel d'aide humanitaire et une première petite équipe du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU. Mais les Etats-Unis ont affirmé être toujours en attente d'une réponse à leur offre d'assistance.