Etats-Unis: La Cour suprême perd un juge, l'occasion pour Trump de nommer un conservateur

ETATS-UNIS Anthony Kennedy, qui vient d'annoncer sa retraite, était le pivot de l'institution: conservateur sur des sujets comme les armes à feu, et parfois progressiste sur l’avortement ou la discrimination positive...

20 Minutes avec AFP

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Le juge de la Cour suprême américaine Anthony Kennedy, le 27 juin 2018.
Le juge de la Cour suprême américaine Anthony Kennedy, le 27 juin 2018. — Eric Thayer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Il avait été nommé par Ronald Reagan en 1987. Anthony Kennedy, l’un des neuf juges de la Cour suprême des Etats-Unis, a annoncé mercredi son départ à la retraite, ouvrant la possibilité pour Donald Trump d’ancrer dans le conservatisme cette institution clé.

A 81 ans, Anthony Kennedy est souvent présenté comme le magistrat pivot de la haute cour, gardienne de la Constitution américaine : conservateur sur des sujets comme les armes à feu ou le financement électoral, il lui arrive de virer progressiste sur des thèmes comme l’avortement ou la discrimination positive. Il a annoncé sa retraite dans une lettre adressée à Donald Trump, par laquelle il exprime sa « gratitude », son « honneur » et son « privilège » après avoir siégé 30 ans à la Cour suprême.

Trump a déjà « une liste de 25 personnes »

Le processus de remplacement du juge Kennedy va débuter « immédiatement », a ensuite déclaré Donald Trump, qui depuis son arrivée à la Maison Blanche a déjà eu l’occasion de nommer un juge très conservateur à la juridiction la plus élevée du pays. « Nous avons une liste de 25 personnes que j’avais présentée durant ma campagne. J’en avais 20 et j’en ai ajouté cinq », a-t-il poursuivi.

Lors d’un meeting de campagne dans la soirée, le président s’est dit « honoré » de la décision d’Anthony Kennedy de prendre sa retraite pendant son mandat. « Il avait confiance en moi pour que je fasse le bon choix pour faire vivre son héritage », a-t-il déclaré en appelant ses partisans à se découvrir pour rendre hommage au magistrat.

« En jeu se trouvent notre système de santé et le droit des femmes »

La retraite du juge était redoutée par les démocrates américains et toutes les organisations progressistes du pays, qui savent que Donald Trump voudra lui nommer un remplaçant nettement plus à droite. On peut donc s’attendre à une bataille politique épique autour de celui appelé à succéder au juge Kennedy, qui était doyen de la Cour suprême en durée d’exercice : il y avait été nommé par le président républicain

Cette vacance à la Cour suprême « est la plus importante depuis au moins une génération », a averti le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. « En jeu se trouvent le sort de notre système de santé, le droit des femmes en matière de procréation et d’innombrables protections pour les Américains moyens », a-t-il ajouté.

Anthony Kennedy s’est révélé décisif notamment dans le domaine des droits des homosexuels : en 2015, grâce à lui, a été emportée la décision légalisant le mariage gay dans tous les Etats-Unis. Le magistrat d’origine irlandaise avait alors rédigé l’arrêt historique.

Les républicains avaient refusé d’auditionner le candidat d’Obama

 

Mitch McConnell, le chef des républicains au Sénat, prévoit de boucler le processus de confirmation à l’automne. On peut s’attendre à une forte résistance des démocrates, qui seront tentés de jouer la montre, comme l’avaient fait les sénateurs républicains majoritaires qui avaient refusé même d’auditionner en 2016 un magistrat nommé par Barack Obama à la Cour suprême, en justifiant leur attitude par l’approche de l’élection présidentielle.

Au final ce juge, Merrick Garland, n’avait pas été confirmé au poste et Donald Trump, une fois élu, avait pu choisir un candidat nommé Neil Gorsuch. « Nos collègues républicains devraient suivre la règle qu’ils ont instituée en 2016 et refuser d’examiner toute candidature d’un juge à la Cour suprême une année d’élection », a dit Chuck Schumer en référence aux scrutins de mi-mandat en novembre.