Primaires aux Etats-Unis: Qui est Alexandria Ocasio-Cortez, l’ex-serveuse qui bouscule le parti démocrate?

ELECTIONS Agée de 28 ans, elle a nettement battu la figure du parti démocrate Joe Crowley, lors des primaires pour élire le représentant du 14e district de New York...

Lucie Bras

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Alexandria Ocasio-Cortez célèbre sa victoire dans le Bronx, le 26 juin 2018.
Alexandria Ocasio-Cortez célèbre sa victoire dans le Bronx, le 26 juin 2018. — Scott Heins / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Femme, jeune, hispanique, très à gauche… Aux Etats-Unis, le profil d’Alexandria Occasio-Cortez n’est pas habituel chez les démocrates. Et pourtant, la victoire choc de cette novice en politique face à une figure du parti, insuffle un nouvel élan aux démocrates qui cherchent encore la meilleure contre-attaque face au républicain Donald Trump.

« Les femmes comme moi ne sont pas censées se présenter aux élections » : dans sa vidéo de campagne, Alexandria Ocasio-Cortez, 28 ans, se présente en éducatrice et ex-serveuse, une jeune new-yorkaise des quartiers populaires qui a décidé de confronter une figure de son parti au Capitole, parce que « tous les démocrates ne sont pas les mêmes ».

N’hésitant pas à se présenter comme une « socialiste », un mot encore tabou pour beaucoup d’Américains qui y lisent une « menace » communiste, cette fille de Portoricains incarne à la fois le souffle progressiste et le nombre record de femmes et de candidats issus des minorités qui animent le parti démocrate en route pour les élections de mi-mandat en novembre. En cas de victoire, Alexandria Ocasio-Cortez pourrait devenir la plus jeune élue du Congrès.

Budget inférieur mais victoire « très ferme »

Ce mardi 26 juin, elle a nettement battu Joe Crowley, 56 ans dont vingt ans de mandat à la Chambre des représentants, lors des primaires pour élire le représentant du 14e district de New York. Sa victoire est presque garantie en novembre dans cette circonscription très démocrate, à cheval sur les quartiers du Bronx et du Queens, ce qui en ferait la plus jeune élue de l’histoire à la Chambre.

« Elle s’en est pris à tout l’establishment démocrate local de sa circonscription et a remporté une très ferme victoire », a salué Bernie Sanders, l’ancien candidat à la présidentielle. Celui qui avait mis en difficulté Hillary Clinton avec un même message anti-élites et un programme similaire, reconnaît là ses héritiers politiques.

Avec un budget bien inférieur à celui de son opposant, Alexandria Ocasio-Cortez « a démontré encore une fois ce que la politique progressiste de terrain peut faire », a poursuivi le septuagénaire qui était parvenu à galvaniser des foules de jeunes en 2016.

Les petites phrases de Trump évincées des débats

Occasio-Cortez a suivi une stratégie prônée par certains démocrates pour contrer Donald Trump : en parler le moins possible, sans entrer dans les polémiques agitant Washington, pour se centrer sur les questions qui comptent vraiment dans le quotidien des électeurs.

« Notre campagne était ultra-concentrée sur un message de dignité économique, sociale et raciale pour les travailleurs américains », a rappelé Alexandria Ocasio-Cortez mercredi sur MSNBC. « C’est vraiment la voie à suivre (…). Nous devons présenter un plan et une vision à laquelle les gens puissent croire et je ne crois pas que ce soit en entrant dans des batailles sur Twitter avec le président que nous allons progresser en tant que pays ».

Une « grande nuit » de primaires face au désarroi de l'opposition

Mais certains démocrates mettent en garde contre l’extrapolation nationale de cette victoire locale et spécifique. « Des candidats à la Bernie continuent de perdre pratiquement toutes les primaires démocrates où ils se présentent », a affirmé le groupe de réflexion de centre-gauche « Third Way ». « Si les démocrates regagnent effectivement le contrôle de la Chambre, cela sera largement grâce à des modérés qui gagnent dans des circonscriptions difficiles », poursuivent ses analystes sur Twitter.

Donald Trump lui a préféré se centrer sur la nouvelle qu’une figure du parti comme Joe Crowley avait été évincée, se réjouissant dans un tweet d’une « grande nuit » de primaires face au désarroi de son opposition.

« Wow! Le député qui déteste Trump, Joe Crowley, qui, comme beaucoup s'y attendaient, devait prendre la place de Nancy Pelosi [comme chef de file du parti démocrate à la Chambre], vient de PERDRE son élection primaire. En d'autres termes, il s'est fait sortir!», a également commenté le président sur Twitter.

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