Soudan: La justice annule la peine de mort de Noura, accusée du meurtre de son mari après un viol

PEINE CAPITALE La condamnation à mort de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 19 ans, avait déclenché l'indignation internationale, notamment de l’ONU...

20 Minutes avec AFP

— 

Un bus de l'ONG Amnesty International (image d'illustration).
Un bus de l'ONG Amnesty International (image d'illustration). — Kriz Krystof/AP/SIPA

Une cour d’appel a annulé mardi la sentence de mort contre une jeune Soudanaise condamnée à la peine capitale pour avoir tué son mari qu’elle accuse de l’avoir violée, a annoncé son avocat. En mai, un tribunal soudanais avait condamné à mort Noura Hussein, reconnue coupable du « meurtre intentionnel » de l’homme que son père l’avait forcée à épouser à l’âge de 16 ans et qui, selon elle, l’avait violée.

La condamnation à mort de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 19 ans, avait déclenché l'indignation internationale, notamment de l’ONU et de groupes de défense des droits de l’Homme. Et son avocat Al-Fateh Hussein avait interjeté appel de cette décision.

« La cour d’appel a annulé la sentence de mort et a condamné la [jeune femme] à cinq ans de prison » et à payer une amende de 337.500 livres soudanaises, soit 12.000 dollars, a dit mardi son avocat. La peine de prison court depuis la date de son arrestation, en mai 2017. Des militants avaient lancé une campagne intitulée « Justice pour Noura » après sa condamnation à mort.

Une décision pour modifier la loi

Selon Amnesty International, Noura Hussein a été mariée de force à l’âge de 16 ans. Lorsqu’elle a refusé de consommer le mariage, son mari a appelé en mai 2017 deux de ses frères et un cousin pour qu’ils l’aident à la violer. Quand il a essayé de la violer une deuxième fois, elle l’a poignardé à mort, selon l’ONG.

Mardi, Amnesty International, qui fait partie de la campagne «Justice pour Noura», s’est félicité de la décision de commuer la sentence de la jeune femme.

Cette décision « doit maintenant mener à une révision des lois pour faire de sorte que Noura Hussein soit la dernière personne à devoir endurer une telle épreuve », a dit Seif Magango, directeur adjoint régional d’Amnesty, dans un communiqué.

>> A lire aussi : Conflits. Le nombre de déplacés dans le monde a atteint un nouveau record en 2017, selon l'ONU

>> A lire aussi : Des demandeurs d'asile soudanais torturés après avoir été renvoyés par la France

>> A lire aussi : Les Etats-Unis quittent le Conseil des droits de l'homme des Nations unies

 

Mots-clés :