Etats-Unis: La Cour suprême valide le décret anti-immigration controversé de Donald Trump

MONDE La décision de la Cour suprême entérine le décret interdisant le territoire américain aux ressortissants du Yémen, de la Syrie, de la Libye, de l’Iran, de la Somalie et de la Corée du Nord…

20 Minutes avec AFP

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Donald Trump le 25 juin 2018.
Donald Trump le 25 juin 2018. — Susan Walsh/AP/SIPA

Une grande victoire pour le président américain Donald TrumpAu terme d’une âpre bataille judiciaire, la Cour suprême des Etats-Unis a validé ce mardi, à la majorité de cinq juges contre quatre, le décret qui interdit le territoire américain, de façon permanente, aux ressortissants de six pays, pour la plupart à majorité musulmane. Le président américain s’est aussitôt félicité de cette décision, ponctuant son tweet d’un « Wow » jubilatoire.

La Haute cour, dans son arrêt rédigé par le président de l’institution John Roberts, estime que le président n’a fait qu’user de façon légitime de ses prérogatives en matière d’immigration. Adrian Vermeule, professeur de droit constitutionnel à Harvard, estime que cette décision « réaffirme la retenue judiciaire à l’égard de l’autorité présidentielle sur les affaires étrangères et l’immigration ».

Surtout, contrairement aux juges d’Hawaï ou de Californie, la Cour n’a pas tenu compte des propos du candidat Trump (qui avait parlé de « Muslim ban » et déclaré « l’Islam nous haît » pendant la compagne). Les neuf juges ont analysé le décret seul, vis-à-vis de l’autorité présidentielle.

150 millions de personnes exclues du territoire américain

Le texte en cause est la troisième mouture d’un décret qui avait provoqué une onde de choc mondiale en étant abruptement mis en vigueur par la Maison Blanche le 27 janvier 2017, une semaine après l’entrée en fonction de Donald Trump.

Cette dernière version ferme les frontières américaines à environ 150 millions de personnes, ressortissantes des pays suivants : Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie et Corée du Nord.

« Décret anti-musulmans » polémique

Les opposants au texte dénonçaient un «décret anti-musulmans», une accusation vivement combattue par le gouvernement.

L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), en pointe de la lutte contre le texte, avait tenté de prouver l’existence de préjugés anti-musulmans durables chez Donald Trump, en rappelant sa promesse de campagne présidentielle d’interdire l’entrée des Etats-Unis aux musulmans. Une déclaration qui avait provoqué un émoi planétaire.

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