Elections en Turquie: Qui face au président Recep Tayyip Erdogan ?

MONDE Plusieurs candidats se présentent face au président turc qui joue sa réélection ce dimanche…

A.-L.B.

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un meeting de l'AKP le  23 juin 2018 à Istanbul.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un meeting de l'AKP le 23 juin 2018 à Istanbul. — Lefteris Pitarakis/AP/SIPA

Au pouvoir depuis quinze ans, Recep Tayyip Erdogan joue ce dimanche sa réélection en Turquie. Une nouvelle victoire conférerait au chef de file du parti AKP de nouveaux pouvoirs :   un régime hyperprésidentiel, sans Premier ministre, et la possibilité de gouverner par décrets. Un mandat et des prérogatives décriées par les oppositions qui parlent de dérives autocratiques. Panorama de ces candidats qui tentent de faire vaciller le pouvoir du « Reis »…

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Muharrem Ince, candidat du parti CHP aux élections générales du 24 juin 2018 en Turquie, le 22 juin à Ankara.

 

Muharrem Ince, candidat du CHP (social-démocrate)

Le grand rival du président se nomme Muharrem Ince, à la tête du parti de centre gauche CHP. Ancien prof, député depuis 16 ans, le quinquagénaire s’est fait connaître pour son rôle de tribun au Parlement. Mais c’est durant la campagne que son sens de la formule et sa pugnacité ont été révélés au grand public. Menant une campagne très soutenue, il juge auprès de l’AFP que la Turquie est « prête » à tourner la page d’Erdogan. Parmi ses promesses figure le retour à un régime parlementaire, la levée de l’état d’urgence et le retour à une situation économique saine, alors que la Turquie connaît une inflation à deux chiffres. Multipliant les appels du pied vers l’électorat kurde, il a dénoncé une fin de sa campagne pourrie par des fausses informations.

Des femmes portent des portraits du candidat pro-kurde Selehattin Demirtas, le 25 mai 2018 près d'Edirne où est emprisonné le candidat du parti HDP.

 

Selahattin Demirtas, candidat du parti HDP (pro-kurde)

Candidat depuis sa prison… Accusé d’activités « terroristes » et de soutien aux Kurdes du PKK, Selahattin Demirtas est détention préventive depuis novembre 2016. Les Kurdes représentant environ un cinquième de la population, ils pourraient être les faiseurs de roi dans ces élections. S’il dépasse le 10 %, le parti HDP entrera à l’Assemblée et pourrait priver l’AKP d’une majorité parlementaire.

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Meral Aksener, candidate du parti nationaliste Iyi, vote à Istanbul pour les élections générales en Turquie le 24 juin 2018.

 

Meral Aksener, candidate du parti Iyi (nationaliste)

Meral Aksener dirige la petite formation « le bon parti » depuis octobre 2017. Nationaliste conservatrice, l’ancienne prof est passée au ministère de l’Intérieur en 1996-1997. Critique du président Recep Tayyip Erdogan, la seule femme candidate promet le retour du système parlementaire en cas de victoire.

Dogu Perinçek, candidat du parti de gauche Vatan lors d'un meeting le 11 novembre 2017 à Ankara

 

Dogu Perinçek, candidat du Vatan (gauche)

Plusieurs fois emprisonné, Dogu Perinçek a été condamné en 2013 à la prison à vie avant d’être gracié. Le candidat de gauche anti-islamiste s’est fait connaître en 2007. Condamné pour avoir nié le caractère génocidaire du massacre des Arméniens pendant la Première guerre mondiale en Turquie, il avait saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). L’institution lui avait donné raison.

Photo prise le 3 mai 2018 à Ankara de Temel Karamollaoglu, chef de file du parti islamiste Saadet aux élections générales du 24 juin 2018 en Turquie

 

Temel Karamollaoglu, candidat du parti Saadet (conservateur)

Temel Karamollaoglu, est candidat du parti Saadet, issu de l’islam politique. Âgé de 77 ans, l’homme a été plusieurs fois député. Dans un scrutin jugé très serré, cette formation concurrente de l’AKP pourrait priver le parti présidentiel de majorité parlementaire. Le candidat reproche notamment au président Erdogan de s’être rapproché des Etats-Unis et de l’Europe.

Si Recep Tayyip Erdogan Erdogan reste le favori de la présidentielle, il n’est pas assuré de récolter les plus de 50% des voix qui lui permettraient d’être élu au premier tour. Ce serait une première.