Migrations: Que vont se dire ce dimanche à Bruxelles les dirigeants européens?

EUROPE La France et l’Espagne vont proposer ce dimanche lors de ce mini-sommet la création de « centres fermés sur le sol européen » pour les migrants…

20 Minutes avec AFP

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Le navire Verseau débarque au port de Valence avec des migrants, en Espagne, le dimanche 17 juin 2018.
Le navire Verseau débarque au port de Valence avec des migrants, en Espagne, le dimanche 17 juin 2018. — Alberto Saiz/AP/SIPA

Est-il possible de trouver un compromis européen face au défi migratoire ? Les dirigeants de seize pays européens vont tenter dimanche à Bruxelles d’apaiser les tensions dans l’UE sur ce dossier, encore illustrées par un bras de fer autour du navire transportant des migrants à qui l’Italie et Malte ont refusé samedi l'accostage.

Désormais tous d’accord pour renforcer les frontières extérieures de l’UE, les Européens n’en finissent plus de se diviser sur leurs responsabilités dans la prise en charge des migrants tentant de rejoindre l’Europe, comme de ceux s’y trouvant déjà.

12 pays ont demandé à participer à la réunion

La chute massive des arrivées sur les côtes européennes depuis 2015 est loin d’avoir calmé les débats. « La situation est risquée », a admis une source diplomatique, car faute de solution européenne « ce sera la fermeture des frontières nationales et donc la remise en cause de l'espace Schengen, donc de l’UE ». La « réunion informelle » de dimanche, organisée par la Commission, devait au départ réunir huit pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Bulgarie, Grèce et Malte) pour déminer le terrain du sommet à 28 des 28-29 juin.

Ils seront finalement le double, après que huit autres ont demandé à participer (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark, Suède, Finlande, Slovénie et Croatie). Ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie), ont dit ne pas être intéressés. « J’ai malheureusement peu d’espoir d’un résultat important », a avoué le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays prendra la tête le 1er juillet de la présidence tournante l’UE.

Un sommet sous tension

L’objectif affiché par Bruxelles pour dimanche est d’éloigner le spectre de décisions unilatérales, à l’image de celle de Rome de fermer ses ports aux navires d’ONG secourant des migrants, comme l’Aquarius il y a peu et désormais le Lifeline et ses 230 passagers, en attente d’une solution dans les eaux internationales. Comme celle aussi du refoulement aux frontières que menace d’instaurer le ministre allemand de l’Intérieur, un conservateur bavarois, contre l’avis de la chancelière Angela Merkel.

Un document qu’avait préparé la Commission pour dimanche contenait ainsi un catalogue de mesures contre ce phénomène qui voit les demandeurs d’asile se déplacer dans l’UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l’attente d’une décision sur leur cas. Le texte insistait sur les obligations des pays de première entrée, comme l’Italie, et sur la nécessité de pouvoir y renvoyer effectivement les personnes qui y sont ou auraient dû y être enregistrées. Au point de provoquer la colère du gouvernement populiste italien, qui a menacé de boycotter le mini-sommet de dimanche, avant de se raviser. Angela Merkel a en effet « éclairci les choses », s’est félicité le Premier ministre italien Giuseppe Conte, assurant que Rome ne serait pas contrainte d’accepter des mesures pré-définies.

La France et l’Espagne souhaitent la création de centres fermés

La rencontre de dimanche devrait se conclure par « un résumé des positions exprimées », fait par la Commission, selon une source européenne. La France et l’Espagne proposeront de créer des « centres fermés sur le sol européen », dotés de « moyens européens », où les migrants attendraient l’examen de leur cas, a annoncé samedi Emmanuel Macron.

Parmi les points à débattre dimanche figureront aussi l’accélération des renvois des migrants illégaux et des déboutés de l’asile. L’idée encore floue de « plateformes régionales de débarquement » des migrants secourus en mer, dans et hors de l’UE, est également sur la table. Les 16 devront évoquer enfin la réforme du régime d’asile européen, dans l’impasse depuis plus de deux ans. Le sommet à 28 des 28-29 juin à Bruxelles devait initialement trouver un compromis dans ce dossier, mais cette perspective a été abandonnée.