VIDEO. Zimbabwe: Le président échappe à un probable attentat à la bombe, un vice-président blessé

MONDE Cette explosion a fait quinze blessés notamment l’un des deux vice-présidents du Zimbabwe. Le président Emmerson Mnangagwa est sain et sauf…

F.H. avec AFP

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Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa lors d'un meeting à Bulawayo au cours duquel une explosion a fait plusieurs blessés, le 23 juin 2018.
Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa lors d'un meeting à Bulawayo au cours duquel une explosion a fait plusieurs blessés, le 23 juin 2018. — ZINYANGE AUNTONY / AFP
  • « J’ai l’habitude de ces tentatives », a déclaré le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa.
  • L’élection présidentielle est prévue le 30 juillet prochain. Ce sera la première organisée depuis la démission en novembre du président Robert Mugabe, qui a dirigé le Zimbabwe d’une main de fer depuis son indépendance en 1980.

Une explosion lors d’une réunion électorale au Zimbabwe, ce samedi. D’origine inconnue, cette explosion s’est produite à la fin d’un meeting du président  Emmerson Mnangagwa. Sain et sauf, celui-ci a suggéré qu’il était la cible de l’explosion. « J’ai l’habitude de ces tentatives », a-t-il déclaré.

Cette explosion a fait quinze blessés notamment l’un des deux vice-présidents du Zimbabwe, Kembo Mohadi, a rapporté la télévision nationale. Deux responsables du parti au pouvoir, la Zanu-PF, ont été également été blessés par la déflagration, ainsi que trois salariés de la télévision nationale (ZBC), a ajouté le média d’Etat.

L’explosion après la fin du discours du président

Les télévisions locales diffusaient samedi après-midi des images du White City Stadium, où s’est déroulée la réunion de campagne, montrant des médecins assistant des victimes couchées à même le sol, dans le chaos et la confusion. De nombreuses ambulances étaient présentes sur place pour évacuer ces blessés, a précisé le correspondant de l’AFP.

Selon des témoins, l’explosion s’est produite alors que le chef de l’Etat, candidat du parti au pouvoir, la Zanu-PF, à l’élection présidentielle prévue le 30 juillet prochain, venait de terminer son discours devant plusieurs centaines de ses partisans. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre une forte déflagration à proximité d’un petit escalier par lequel des officiels descendaient à la fin du meeting.

Le principal adversaire d’Emmerson Mnangagwa à la présidentielle, Nelson Chamisa, a très rapidement condamné les « terribles événements » survenus à Bulawayo, considérée comme un bastion de l’opposition au régime. « Nos prières vont aux blessés, nous espérons que personne n’a perdu la vie », a écrit sur Twitter le candidat du Mouvement pour un changement démocratique (MDC). « La violence n’a pas de place dans notre vie politique », a-t-il ajouté.

« Nous prions pour la vie et la santé des blessés », a indiqué un autre opposant, le pasteur Ewan Marawire, « nous devons prier pour la paix dans notre pays en ce moment difficile ».

Mnangagwa a été un des exécuteurs de la répression ordonnée sous Mugabe

Les scrutins présidentiel et législatifs du 30 juillet sont les premiers organisés depuis la démission en novembre du président Robert Mugabe, qui a dirigé le Zimbabwe d’une main de fer depuis son indépendance en 1980​.

Le nouveau chef de l’Etat a fait de la relance de l’économie du pays, sortie exsangue de l’ère Mugabe, et de la lutte contre la corruption ses deux priorités. Il a promis des élections libres, transparentes et honnêtes. Mais ses critiques en doutent, qui rappellent qu’Emmerson Mnangagwa a été un des exécuteurs de la répression ordonnée sous l’ère de son prédécesseur, pendant laquelle les scrutins ont été entachés de fraudes et de violences.

Le nouveau régime zimbabwéen, qui tente de renouer avec l’Occident, a invité la communauté internationale, dont l’UE et le Commonwealth, à venir observer les élections de 2018. Une première délégation de 40 observateurs européens a commencé à se déployer samedi dans l’ensemble des dix provinces du pays pour veiller au bon déroulement du scrutin.