Roumanie: Le chef de la gauche Liviu Dragnea refuse de démissionner malgré une condamnation à de la prison

EMPLOIS FICTIFS Liviu Dragnea a été condamné dans une affaire d'emplois fictifs mais compte mener "jusqu'au bout" sa réforme de la justice... 

20 Minutes avec AFP

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Liviu Dragnea, chef du parti social-démocrate, au congrès du PSD, en mars 2018.
Liviu Dragnea, chef du parti social-démocrate, au congrès du PSD, en mars 2018. — Grosescu Alberto Mihai//SIPA

«Je reste à la tête du Parti social démocrate (PSD) et n'hésiterai pas à aller jusqu'au bout» sur la modification de la législation pénale, a déclaré Liviu Dragnea, chef de la gauche roumaine, à l'issue d'une réunion ce vendredi.

«Nous allons être plus radicaux», a-t-il ajouté, laissant entendre que la gauche envisageait de passer en force de nouveaux textes, en contournant le parlement, comme elle avait déjà tenté de le faire début 2017, avant de faire machine arrière devant une vague de protestation sans précédent.

Une affaire d'emplois fictifs

Selon leurs détracteurs, plusieurs amendements voulus par la majorité devraient permettre à Liviu Dragnea d'échapper à une peine de prison en appel et d'obtenir une réhabilitation par rapport à une précédente condamnation à deux ans de prison avec sursis qui l'empêche depuis 2016 de briguer le poste de Premier ministre.

Il a été condamné à trois ans et demi de prison ferme en première instance jeudi dans une affaire de corruption basée sur des emplois fictifs. Neuf autres personnes ont écopé de peines de prison, avec sursis pour la plupart.

Des tensions accrues

Déjà à l'origine d'une réforme controversée de la justice adoptée fin 2017, la coalition de gauche a fait passer lundi des amendements au code de procédure pénale décriés par l'opposition et suivis «avec préoccupation» par Bruxelles.

Alors que la droite a multiplié les appels à la démission, les antennes locales du PSD ont exprimé leur «soutien sans faille» à leur leader, mettant en doute le bien-fondé de la décision de la Cour. De nombreux magistrats ont appelé à la retenue, estimant que de tels propos «portent atteinte à l'indépendance, au prestige et à la crédibilité du système judiciaire». Les tensions entre la majorité et le monde judiciaire se sont accentuées ces derniers mois dans le pays.