Migrants: La fillette devenue le symbole de la séparation des famille est toujours avec sa mère

ETATS-UNIS Les larmes de la petite Yanela Denise ont ému l'Amérique et le monde entier...

Philippe Berry

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Une migrante du Honduras arrêtée avec sa fille de deux ans à la frontière mexicaine, au Texas, le 12 juin 2018.
Une migrante du Honduras arrêtée avec sa fille de deux ans à la frontière mexicaine, au Texas, le 12 juin 2018. — JOHN MOORE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Ses larmes sont devenues le symbole de la séparation des familles de migrants aux Etats-Unis. Time Magazine en a même fait sa couverture, avec un montage de la fillette face à Donald Trump. Mais la petite Yanela Denise n’a pas été séparée de sa mère, elles sont actuellement toutes les deux dans un centre d’accueil au Texas, a affirmé le père, Denis Valera, qui est resté au Honduras, à Reuters. Sa version a été confirmée par le ministère adjoint des Affaires étrangères hondurien.

La photo a été utilisée par de nombreux médias pour illustrer la crise actuelle, y compris par 20 Minutes. Notre légende indique toutefois qu’il s’agit « d’une migrante du Honduras arrêtée avec sa fille de deux ans à la frontière mexicaine, au Texas », pas qu’elles ont été séparées. Jusqu’au témoignage du père, personne ne savait ce que la mère et la fillette étaient devenues.

« Exploitation honteuse »

La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a dénoncé « l’exploitation honteuse » de cette photo par les médias.

L’image a également été utilisée pour une collecte de fonds sur Facebook pour réunir les familles, qui approche des 20 millions de dollars.

Après une arrestation par la police de l’immigration (ICE), les migrants sont détenus dans des centres près de la frontière. Selon la politique de « tolérance zéro » de l’administration Trump, les adultes sont ensuite poursuivis en justice et envoyés en prison, ce qui a conduit à la séparation de 2.300 enfants en deux mois. Face à la polémique, Donald Trump a toutefois signé un décret pour mettre fin à cette pratique.

La mère déjà expulsée en 2013

Selon le père, Sandra Sanchez a quitté le Honduras avec leur fille sans le prévenir, le 3 juin, le laissant seul avec leurs deux aînés. Elle aurait versé 6.000 dollars à des passeurs. Après un voyage de 10 jours de près de 3.000 km, elles ont été arrêtées sur une embarcation qui tentait de franchir le Rio Grande, près de McAllen, au Texas.

Le photographe de Getty Images John Moore, a raconté à la BBC que la mère allaitait sa fille quand un agent de l’immigration l’a interpellée et lui a demandé de poser la fillette par terre pour qu’il puisse la fouiller. Selon le témoignage de l’agent Carlos Ruiz, « l’enfant s’est aussitôt mise à pleurer ». « Je lui ai demandé : ''Est-ce que ça va ? Est-ce que votre enfant va bien ?''. Elle m’a dit qu’elle était fatiguée et qu’elle avait soif mais que ça allait », affirme-t-il.

Selon la police de l’immigration, Sandra Sanchez avait déjà tenté de franchir la frontière, seule, en 2013. Elle avait été expulsée via une procédure accélérée, en deux semaines.