Espagne: Manifestations contre la remise en liberté des accusés de «la Meute»

JUSTICE Les cinq membres de « la Meute » sont accusés d’avoir abusé sexuellement d’une jeune femme lors des fêtes de Pampelune…

20 Minutes avec AFP

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Des hommes et des femmes manifestent dans les rues de Pampelune, le 21 juin 2018.
Des hommes et des femmes manifestent dans les rues de Pampelune, le 21 juin 2018. — ANDER GILLENEA / AFP

Les Espagnols sont descendus dans la rue, après l’annonce de la libération sous caution des cinq suspects de « La Meute », en attendant leur procès en appel. Ces cinq hommes sont jugés pour avoir abusé d’une jeune fille lors des fêtes locales, un fait divers qui avait choqué le pays.

Contre 6.000 euros de caution, la justice a autorisé les cinq accusés à une remise en liberté sous contrôle judiciaire. Une décision qui ne passe pas en Espagne. Le procès avait déjà fait les gros titres des journaux en avril dernier, lorsque le tribunal avait écarté la qualification de viol pour les faits établis.

Le jugement avait provoqué une vague de manifestations dans toute l’Espagne. Ils avaient mobilisé des millions de femmes lors d’une grève générale féministe le 8 mars dernier. Les accusés âgés de 27 à 29 ans, s’étaient filmés en train d’abuser de la jeune femme pendant les fêtes de la San Fermin à Pampelune. Lors du premier procès, ils avaient été condamnés à neuf ans de prison chacun pour « abus sexuel ».

Une récidive « impensable »

Des mouvements féministes ont appelé à manifester vendredi soir à Madrid, mais aussi à Valence, à Séville d’où sont originaires les cinq agresseurs, à Saragosse, à Grenade et plusieurs autres villes d’Espagne.

Les premières manifestations avaient eu lieu jeudi à Pampelune même, où la jeune femme s’était fait agresser à l’été 2016, à Barcelone et dans les trois grandes villes du Pays basque : Bilbao, Vitoria et San Sebastian. Dans sa décision rendue publique vendredi, le tribunal de Navarre explique autoriser la libération des cinq Sévillans parce que la pression sociale qui s’exerce sur eux rend « pratiquement impensable » le risque de récidive.

S’ils paient la caution, les condamnés, qui ont déjà passé près de deux ans en détention provisoire, resteront soumis à un contrôle judiciaire : interdiction de quitter l’Espagne et retrait du passeport, obligation de se présenter les lundis, mercredis et vendredis au tribunal de leur lieu de résidence, et interdiction de se rendre à Madrid où réside leur victime.

Jugement trop clément

Mais un des trois juges a émis une opinion divergente, se prononçant pour leur maintien en détention sans condition pendant la moitié de leur peine, soit quatre ans et demi.

Les cinq jeunes hommes, dont un garde civil et un ancien militaire, attendent leur procès en appel, le parquet ayant contesté le jugement en première instance, le jugeant trop clément. Le maire de Pampelune, Joseba Asiron, a annoncé vendredi que la mairie, partie civile dans l’affaire, ferait aussi appel de la libération sous contrôle judiciaire.

Une pétition lancée en ligne sur le site change.org, contre la libération des condamnés, avait recueilli à la mi-journée plus de 500.000 signatures.