Elections en Turquie: Qui sont les cinq candidats qui font face à Erdogan dimanche?

ELECTIONS Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix dès le premier tour dimanche, un deuxième tour se tiendra le 8 juillet...

20 Minutes avec AFP

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Le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan. — Hassene Dridi/AP/SIPA

Six candidats sont en lice à l'élection présidentielle de dimanche en Turquie dont le vainqueur sera doté de pouvoirs renforcés aux termes d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017. La plupart des candidats de l'opposition ont néanmoins affirmé qu'en cas de victoire, ils reviendraient sur ces mesures et maintiendrait le système parlementaire actuel.

Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des voix dès le premier tour dimanche, un deuxième tour se tiendra le 8 juillet. Voici une présentation des différents candidats:

- Recep Tayyip Erdogan

L'actuel président, Recep Tayyip Erdogan, né le 26 février 1954 à Istanbul, brigue dimanche un nouveau mandat. Ce père de quatre enfants est à la tête du pays depuis 2003, d'abord en tant que Premier ministre, puis en tant que président depuis 2014. Il a démarré sa carrière politique en tant que maire d'Istanbul en 1994, et a créé en 2001 le Parti de la Justice et du Développement (AKP, islamo-conservateur), une véritable machine à gagner les élections qui domine la scène politique turque depuis les élections de 2002.

- Muharrem Ince

Né le 4 mai 1964 à Yalova (nord-ouest), Muharrem Ince, un ancien professeur de physique, a créé la surprise lors de cette campagne électorale grâce à sa pugnacité et son style combatif. Il a été choisi pour représenter Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), bien qu'il ait échoué à deux reprises à en prendre la tête par le passé. Adepte de discours enflammés, Muharrem Ince, qui a un fils, s'est révélé un concurrent sérieux face à M. Erdogan, capable même de le mettre en difficulté.

- Meral Aksener

Meral Aksener, née le 18 juillet 1956 à Izmit (nord-ouest), a été la première de l'opposition à annoncer sa candidature, sous la bannière du Bon Parti (Iyi Parti, droite nationaliste) qu'elle a fondé en octobre dernier seulement. Cette nationaliste conservatrice, mère d'un fils, a été ministre de l'Intérieur dans les années 1990 et a longtemps été membre du MHP, un parti ultranationaliste désormais allié à Recep Tayyip Erdogan. Son passage au gouvernement en 1996-1997 pendant les années les plus meurtrières pour la rébellion kurde dans le sud-est du pays, risque toutefois de la priver largement des voix des Kurdes, qui représentent environ un cinquième de la population.

- Selahattin Demirtas

Selahattin Demirtas, né le 10 avril 1973 à Diyarbakir (sud-est), a été désigné comme candidat du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde), bien qu'il soit en détention depuis novembre 2016. Accusé d'appartenir et de diriger une organisation «terroriste», cet avocat de formation, père de deux filles, dénonce une «prise d'otage» politique, affirmant être visé en raison de son opposition farouche à M. Erdogan. Il s'est notamment présenté face au chef de l'Etat lors de l'élection présidentielle de 2014 et avait frôlé les 10%.

- Temel Karamollaoglu

Né le 7 juin 1941 à Kahramanmaras (sud), Temel Karamollaoglu du Parti de la Félicité (SP, islamo-conservateur), a été trois fois député, notamment pour le Parti de la prospérité (Refah). Selon la biographie publiée sur le site de son parti, il a également été un proche collaborateur de Necmettin Erbakan, le mentor en politique de Recep Tayyip Erdogan. Ce père de cinq enfants était maire de la ville de Sivas en 1993 lors d'un incendie provoqué par des intégristes islamistes et qui a causé la mort de 37 personnes, en majorité des intellectuels, dans un hôtel de la ville.

- Dogu Perinçek

Né le 17 juin 1942 à Gaziantep (sud), Dogu Perinçek dirige le Parti patriote (Vatan, gauche). Ce docteur en droit, père de quatre enfants, a été incarcéré à de nombreuses reprises, notamment après le coup d'Etat militaire de 1980. Il a beaucoup fait parler de lui après avoir saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour défendre son droit à nier le caractère génocidaire du massacre des Arméniens pendant la Première guerre mondiale en Turquie. La CEDH lui avait donné raison.

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