Hongrie: Une loi pénalise désormais les ONG qui viennent en aide aux migrants

IMMIGRATION Cet ensemble de lois dénommé « Stop-Soros » rend passible de poursuites pénales l’aide aux migrants opérée par des ONG…

20 Minutes avec agences

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Le Parlement hongrois a adopté un ensemble de lois dénommé « Stop-Soros ».
Le Parlement hongrois a adopté un ensemble de lois dénommé « Stop-Soros ». — CHINE NOUVELLE/SIPA

En Hongrie, venir en aide aux migrants peut être désormais puni par la loi. Le Premier ministre national-conservateur Viktor Orban a soumis au vote du Parlement un ensemble de lois dénommé « Stop-Soros » rendant passible de poursuites pénales l’aide aux migrants opérée par des ONG. Cette nouvelle législation qui vise « les organisateurs de l’immigration illégale » a été adoptée par 160 voix pour et 18 contre.

Le nom de cet ensemble de loi fait référence au milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, qui finance de nombreuses ONG. Il est accusé par le gouvernement d’orchestrer une « immigration de masse » vers l’Union européenne.

Contre les quotas de l’Union européenne

Concrètement, toute personne qui porte assistance à une personne entrée illégalement en Hongrie depuis un pays n’appartenant pas à l’espace Schengen et dont la vie n’est pas en danger pourra être condamné à une peine allant jusqu’à an de prison.

Par ailleurs, la Constitution a été modifiée afin de stipuler qu’aucune instance ne peut porter atteinte à « la composition de la population » hongroise. Cette mention a pour objectif de rendre inconstitutionnelle l’imposition de quotas de migrants par l’Union européenne. En plus de cela, la Constitution fait désormais de « la défense de la culture chrétienne » une obligation pour toutes les institutions de l’Etat.

« Une attaque éhontée »

« Nous renforçons la souveraineté de la Hongrie. Avec cette modification constitutionnelle nous interdisons l’établissement de populations étrangères en Hongrie », a déclaré le gouvernement dans un communiqué, soulignant « faire valoir la volonté des Hongrois ». « Cette protection renforcée est nécessaire, car la pression migratoire frappant l’Europe est continuelle », a ajouté le gouvernement, qui a jugé que « la politique de Bruxelles favorable à la migration menace notre pays d’être envahi par les migrants ».

De nombreuses ONG ont dénoncé l’adoption de ces textes. « Le fait de criminaliser un travail essentiel et légitime de défense des droits de l’Homme constitue une attaque éhontée contre des gens recherchant à se mettre à l’abri des persécutions et contre ceux effectuant un travail admirable pour leur venir en aide, a ainsi regretté Amnesty International. C’est un nouveau coup bas dans une campagne de plus en plus dure visant la société civile et nous y résisterons pied à pied. »

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