Migrations: Un mini-sommet de crise à Bruxelles avant le grand rendez-vous européen

DISCUSSIONS Le président français Emmanuel Macron et Angela Merkel retrouveront les dirigeants italien, grec, maltais, espagnol, autrichien, bulgare, belge et néerlandais...

20 Minutes avec AFP

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Angela Merkel et Emmanuel Macron, le 19 juin 2018 à Meseberg en Allemagne.
Angela Merkel et Emmanuel Macron, le 19 juin 2018 à Meseberg en Allemagne. — Ludovic MARIN / AFP

C’est l’un des rendez-vous de la dernière chance. Les dirigeants de dix pays européens vont se réunir dimanche à Bruxelles pour plancher sur des « solutions européennes » au défi migratoire, dont un durcissement des obligations imposées aux demandeurs d’asile pour apaiser les tensions entre Etats membres.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel retrouveront les dirigeants italien, grec, maltais, espagnol, autrichien, bulgare, belge et néerlandais, invités à la dernière minute par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Cette liste de convives pourrait s’allonger si d’autres pays voulaient s’y joindre, selon la Commission. Ni la Hongrie, ni les autres pays du groupe de Visegrad (Pologne, République Tchèque, Slovaquie) n’y figurent pour l’heure.

Un sommet sous tension

« Le but de la réunion, qui aura lieu dimanche au siège de la Commission, est de travailler à des solutions européennes », a expliqué Jean-Claude Juncker, en vue du sommet européen à 28 sous haute tension qui aura lieu quelques jours plus tard, les 28-29 juin, à Bruxelles également.

Environ 40.000 migrants sont arrivés sur les côtes européennes en 2018, contre un millions en 2015. Malgré cette chute spectaculaire de l’immigration sur les côtes européennes, le sujet continue de provoquer de fortes tensions entre Européens et d’agiter les débats politiques dans les pays de l’UE.

Selon une conclusion provisoire de la réunion de dimanche, les participants s’engageraient à œuvrer pour accélérer les renvois de demandeurs d'asile d’un pays de l’UE vers un autre, quand ce dernier est considéré comme responsable du traitement de sa demande.

Un compromis inaccessible

C’est ce que prévoit le Règlement de Dublin, la législation européenne qui confie généralement cette responsabilité au pays de première entrée, mais qui n’est que partiellement appliqué, et dont le principe est contesté par les pays comme l’Italie.

Plusieurs mesures proposées dans ce document, qui pourra encore évoluer d’ici dimanche, vont par ailleurs dans le sens d’un durcissement des obligations des demandeurs d’asile, pour éviter leurs « mouvements secondaires » dans l’UE à la source de tensions entre Etats membres. Il est notamment proposé « d’imposer aux demandeurs d’asile des obligations (sanctionnables) de rester dans le pays » qui doit traiter leur requête. Et de restreindre leur « accès à l’assistance sociale » uniquement dans ce même pays.

Le sommet du 28-29 juin à venir était initialement censé trouver un compromis pour faire avancer ce dossier, mais cette perspective est devenue illusoire selon plusieurs sources diplomatiques.

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