Donald Trump, le 23 mars 2018 à la Maison Blanche.
Donald Trump, le 23 mars 2018 à la Maison Blanche. — Ron Sachs/NEWSCOM/SIPA

ETATS-UNIS

«Les immigrés illégaux dangereux infestent notre pays», Donald Trump défend la tolérance zéro

La polémique sur la séparation des familles de migrants ne faiblit pas, et une réforme semble toujours dans l'impasse au Congrès...

Il ne fléchit pas. Donald Trump a assumé sans détour mardi sa politique de « tolérance zéro » aux frontières malgré la séparation de plus de 2.300 enfants migrants de leur famille. Il a sommé le Congrès de voter une réforme de l’immigration mais les tractations n’avaient toujours pas abouti chez les républicains, qui auront besoin de voix démocrates pour passer un texte à la majorité de 60 voix au Sénat.

Dans la matinée, le président américain a une nouvelle fois rejeté la faute de la séparation des familles sur l’opposition. « Les démocrates sont le problème. Ils se fichent de la criminalité et veulent que les immigrés illégaux, peu importe à quel point ils sont dangereux, déferlent et infestent notre pays, comme MS-13 », a tweeté le président américain, en faisant référence à un gang d’origine américano-salvadorienne. Le mois dernier, il avait déjà qualifié ces derniers « d’animaux ».

« Monsieur le président, vous seul pouvez régler cela (…) d’un coup de stylo », a rétorqué mardi le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer. « Rejeter la responsabilité sur les autres est facile et malhonnête ».

« Digne de la torture », selon Amnesty

Depuis l’annonce de la politique américaine de « tolérance zéro » début mai, 2.342 enfants et jeunes migrants ont été séparés de leurs familles (du 5 mai au 9 juin), selon les chiffres officiels. Cet afflux découle directement de la décision de la Maison Blanche de poursuivre désormais 100 % des personnes franchissant sans papiers leur frontière avec le Mexique, qu’elles soient ou non accompagnées d’enfants.

Jusqu’à présent, si la loi était la même, les autorités choisissaient souvent de ne pas retenir les familles pour justement éviter cette situation, les enfants ne pouvant pas être incarcérés et devant donc être placés. Cette nouvelle politique est « digne de la torture », selon l’ONG Amnesty International, « inadmissible » pour l’ONU, et dénoncée aussi par des dirigeants religieux américains influents auprès de l’électorat républicain.

Donald Trump, lui, fluctue entre ces messages, se servant également de la crise migratoire en Europe pour convaincre des bienfaits de sa fermeté. « C’est encore pire dans d’autres pays », a-t-il encore affirmé mardi. L’Europe et les Etats-Unis n’ont pas le même « modèle de civilisation », a rétorqué mardi le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, dénonçant les images « choquantes » d’enfants séparés.