Italie: Matteo Salvini lance une nouvelle polémique sur les Roms

ITALIE Le ministre italien de l'Intérieur a annoncé le prochain recensement des Roms pour expulser ceux de nationalité étrangère, e «malheureusement» de garder les Italiens...

20 Minutes avec AFP

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Matteo Salvini.
Matteo Salvini. — ANDREAS SOLARO / AFP

Moins de trois semaines en poste et déjà plusieurs polémiques à son actif. Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a provoqué de vives réactions lundi avec ses propos sur les Roms.

Matteo Salvini, qui est aussi le patron de la Ligue (extrême droite) a indiqué lundi sur une télévision régionale en Lombardie (nord), sa région d’origine, qu’il comptait procéder à un recensement de la communauté Rom en Italie, pour « voir qui, comment et combien ils sont ». Cela permettra, a-t-il expliqué, d’évaluer la possibilité d’expulser ceux de nationalité étrangère qui se trouveraient en situation irrégulière ; quant aux « Roms italiens, malheureusement, tu dois te les garder à la maison », a-t-il déclaré lors de cette émission.

« Dernière trouvaille au parfum vaguement fasciste »

Ce projet de recensement a déclenché un tollé dans les rangs de l’opposition et une réaction prudente de la communauté Rom. Le point sur cette communauté a déjà été fait l’an dernier par l’Institut national italien de la statistique (Istat), a indiqué l’Association Nation Rom, dans un communiqué, réclamant une rencontre au plus vite avec le nouveau ministre.

« Salvini continue sa campagne électorale avec des mots toujours plus aberrants », a jugé de son côté une sénatrice du Parti démocrate (PD, centre-gauche), Simona Malpezzi, pour qui ce recensement est « seulement la dernière trouvaille au parfum vaguement fasciste » de la part du nouveau ministre de l’Intérieur.

Ce dernier a fait la une de l’actualité la semaine dernière en s’opposant à l’entrée dans un port italien d’un navire humanitaire chargé de 630 migrants. Ce navire, l’Aquarius, est finalement arrivé ce week-end en Espagne après une odyssée en Méditerranée de près d’une semaine, du large de la Libye à l’Espagne en passant par les eaux maltaises et celles de la Sardaigne.

« D’abord les attaques contre les migrants (…) et maintenant celles contre les Roms », a critiqué de son côté le chef de groupe du parti de gauche Libres et Egaux (LeU) à la Chambre des députés, Federico Fornaro. « L’important est de fomenter la haine et de créer un ennemi », a-t-il ajouté. « Certains parlent de "choc", pourquoi ? Je pense seulement à ces pauvres enfants à qui on apprend à voler et l’illégalité », a réagi de son côté Matteo Salvini sur Twitter.