Une proposition de loi visant à punir ceux qui prennent des photos sous les jupes bloquée par un député anglais

PARLEMENT En Grande-Bretagne, il suffit qu’un seul député crie « objection » lorsque le titre de la proposition de loi est lu pour interrompre son parcours parlementaire…

20 Minutes avec AFP

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Une jeune femme en jupe.
Une jeune femme en jupe. — Alexandre GELEBART/REA

Tensions au Parlement britannique. Une proposition de loi britannique visant à punir de deux ans d’emprisonnement le fait de prendre des photos sous les jupes des femmes, a été bloquée ce vendredi par un député conservateur, provoquant des réactions de colère.

Le gouvernement britannique a apporté son soutien au texte mais c’était compter sans le député Christopher Chope, qui s’y est opposé ce vendredi, criant « objection » à la Chambre des communes. En Grande-Bretagne, il suffit qu’un seul député crie « objection » lorsque le titre de la proposition de loi est lu pour interrompre son parcours parlementaire. Le texte pourrait toutefois revenir au Parlement le 6 juillet.

« Un changement de la loi tant attendu et universellement accepté »

« Honte », lui ont alors lancé plusieurs parlementaires scandalisés. « Il est scandaleux qu’un seul membre du Parlement ait pu aujourd’hui faire dérailler un changement de la loi tant attendu et universellement accepté », a commenté la députée (Libéraux-démocrates) Wera Hobhouse, auteure de cette proposition de loi contre le voyeurisme, qui avait reçu un soutien de tous les partis.

« Ce changement aurait protégé les femmes et les filles à travers l’Angleterre et le Pays de Galles et donné à la police les outils nécessaires pour traduire les auteurs en justice. C’est trop important pour permettre à des gens comme Christopher Chope d’entraver les progrès sur cette question vitale », a-t-elle poursuivi dans un communiqué.

« Des victimes en détresse »

Le texte vise à punir les voyeurs qui prennent des photos sous les robes ou les jupes, un comportement qualifié d' « intrusion odieuse dans la vie privée, qui laisse les victimes en détresse », selon les mots de la secrétaire d’État à la Justice, Lucy Frazer.

Cette dernière avait soutenu le texte, estimant qu’en rendant passible de prison le fait de prendre des photos sous les jupes ou les robes des femmes, « nous envoyons un message clair que cela ne sera pas toléré et que les auteurs seront punis ».

Elle avait salué la campagne menée par Gina Martin, une jeune femme de 26 ans, elle-même victime de cette pratique désignée par le terme « upskirting » en anglais, pour demander aux autorités de légiférer sur la question.