Trump président? «Non, on l'en empêchera», le SMS polémique d'un agent du FBI à sa maîtresse

ETATS-UNIS Un rapport très attendu sur les mois qui ont précédé l'élection américaine adresse un carton jaune – mais pas rouge – au FBI...

Philippe Berry

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Donald Trump face à l'ex-directeur du FBI, James Comey, le 22 janvier 2017 après son investiture.
Donald Trump face à l'ex-directeur du FBI, James Comey, le 22 janvier 2017 après son investiture. — Andrew Harrer/NEWSCOM/SIPA

C’est l’enquête sur l’enquête. Alors que Donald Trump et de nombreux républicains accusent le FBI d’avoir fait preuve de clémence dans l'affaire des mails privés d'Hillary Clinton, le bureau de l’inspecteur général (IG), qui supervise le fonctionnement du ministère de la Justice, a rendu un rapport très attendu, ce jeudi.

S’il adresse un carton jaune au FBI, à son ancien directeur, James Comey, et à un agent, il conclut que les ratés « n’ont pas affecté l’enquête ».

Trump président ? « Non, on l’en empêchera »

C’est le point le plus critiqué par des élus républicains. L’agent du FBI Peter Strzok, qui participait à la fois à l’enquête sur Donald Trump et la Russie et à celle sur l’utilisation d’un serveur de mails privés par Hillary Clinton, a échangé des dizaines de milliers de SMS avec sa maîtresse, Lisa Page, avocate au FBI. Dans leur conversation, les deux employés expriment des vues personnelles anti-Trump, notamment dans ces deux SMS : « Donald Trump ne va jamais devenir président. Hein, hein ? », demande Page. « Non. On l’en empêchera », répond Strzok. Le contexte n’est pas donné par le rapport.

L’IG concède que les employés du FBI « ont le droit d’avoir des opinions politiques » mais critique leur « manque de professionnalisme » qui « remet en question la crédibilité de l’enquête », alors que le FBI est censé être absolument impartial. Néanmoins, le rapport n’a « pas trouvé de lien entre ces opinions et les décisions prises dans le cadre de l’enquête. »

Comey aurait dû se taire

Le rapport épingle l’ancien directeur du FBI, l’accusant d’avoir « dérogé aux règles en vigueur » en s’exprimant publiquement sur l’enquête visant Hillary Clinton à deux reprises. En juillet, James Comey avait critiqué la « négligence extrême » de l’ancienne secrétaire d’Etat, estimant toutefois qu’elle n’avait « pas eu l’intention » d’enfreindre la loi avec son serveur privé. Il avait insisté sur ce point pour expliquer pourquoi le FBI ne recommandait pas de poursuites contre la candidate démocrate. Après l’avoir aidé, il l’avait plombé onze jours avant l'élection en annonçant la réouverture de l’enquête après la découverte de nouveaux mails – qui étaient en fait des doublons. En revanche, il a choisi de ne pas informer le public qu'une enquête était en cours contre Donald Trump, un point dénoncé par Hillary Clinton et ses supporteurs, qui estiment que Comey lui a coûté l'élection.

Le rapport, lui, conclut que si James Comey a fait trop de zèle – et qu’il aurait dû laisser le ministre de la Justice s’exprimer à sa place – il n’a pas fait preuve de « partialité ». Les critiques du rapport pourraient toutefois aider le président américain, qui répète souvent qu’il a « bien fait » de limoger Comey.

Désormais, on attend surtout les conclusions de l’arbitre suprême, le procureur Robert Mueller, chargé de déterminer si le président américain a fait obstruction à la justice en limogeant le directeur du FBI.