Affaire Fritzl: la piste d'un deuxième homme relancée par la BCC

AFFAIRE JOSEF FRITZL Les quotidiens autrichiens cherchent à comprendre pourquoi il a fallu attendre 24 ans pour découvrir l'horreur...

JH, avec agences

— 

Cinq jours après la découverte du drame d'Amstetten, où Josef Fritzl, un homme de 73 ans a séquestré et violé pendant près d'un quart de siècle sa fille dans sa cave, l'Autriche s'interrogeait vendredi sur un durcissement de sa législation pour empêcher de nouveaux crimes de ce type.
Cinq jours après la découverte du drame d'Amstetten, où Josef Fritzl, un homme de 73 ans a séquestré et violé pendant près d'un quart de siècle sa fille dans sa cave, l'Autriche s'interrogeait vendredi sur un durcissement de sa législation pour empêcher de nouveaux crimes de ce type. — AFP/Infographie

Est-ce un voisin qui veut faire le malin ou une nouvelle piste à suivre pour les enquêteurs? La BBC a retrouvé un homme qui dit avoir été logé chez Josef Fritzl pendant douze ans, ce père incestueux qui a séquestré durant 24 ans l'une de ses filles et certains de ses enfants. Selon les déclarations, un deuxième homme, présenté comme un plombier, serait descendu dans la cave à plusieurs reprises. Si ces confidences s'avèrent exactes, elles contredisent la thèse de l'absence de complice, qui a la faveur de la police autrichienne.

Et pourraient relancer encore les interrogations de la presse autrichienne, qui cherche à comprendre encore comme une telle affaire a pu rester cachée si longtemps. «Que savait l'épouse?», titre ainsi le quotidien autrichien Kurier.

>> Tous nos articles sur Josef Fritzl

Le suspect, qui avait avoué lundi avoir séquestré sa fille et lui avoir fait sept enfants, s'est depuis muré dans le silence sur les conseils de son avocat. Pour chercher à comprendre, le quotidien Österreich a interrogé jeudi sa belle-soeur, Christine R. Selon elle, Josef Fritzl passait souvent «la nuit entière» dans la cave de sa maison de Amstetten.

Celui qu'elle appelle Sepp «descendait tous les matins à sept heures dans la cave, soi-disant pour y concevoir des plans de machines qu'il vendait à des entreprises. Souvent, il y passait aussi la nuit entière», a déclaré R., 56 ans, une soeur cadette de l'épouse de Fritzl, Rosemarie.

«Rosi n'avait même pas le droit de lui apporter un café», a-t-elle ajouté.

Christine R. a confirmé la condamnation, aujourd'hui rayée du casier judiciaire, de Josef Fritzl à de la prison ferme pour viol à la fin des années 1960.

«J'avais 16 ans quand il a été incarcéré pour viol et je trouvais ce délit répugnant, d'autant qu'il avait déjà quatre enfants avec ma sœur», a-t-elle témoigné.

La police estime que Rosemarie, une femme décrite par sa soeur comme «dominée et constamment rabaissée en public» par un mari despotique, ignorait les agissements de Josef Fritzl dans la cave. Rosi décrit également un tel tyran que, selon elle, la famille avait en permanence peur des sanctions. «La seule chance pour les enfants, d'échapper à ce climat, c'était de se marier.»

Quant à l'homme interrogé par la BBC, il dit bien avoir entendu des bruits. Mais Fritzl, qui interdisait à ses locataires de descendre voir sous peine d'expulsion, lui aurait expliqué qu'il s'agit de bruits dûs au système de chauffage.