Etats-Unis: Le gouvernement saisit le téléphone et les mails d'une journaliste du «New York Times»

LIBERTE DE LA PRESSE Cette saisie provoque une polémique sur la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes aux Etats-Unis…

L.Br.

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Le bâtiment du New York Times à New York, en juillet 2017.
Le bâtiment du New York Times à New York, en juillet 2017. — SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Aux Etats-Unis, un ancien membre de la Commission sénatoriale du renseignement a été arrêté jeudi dans le cadre d’une enquête sur la fuite de documents classifiés. Dans le cadre de la même enquête, le procureur a également saisi les enregistrements téléphoniques et les mails d’une journaliste du New York Times, provoquant la colère des défenseurs des droits de la presse.

Au cœur de l’affaire, James A. Wolfe, 57 ans, est accusé d’avoir menti à de multiples reprises aux enquêteurs, raconte le Wall Street Journal. Cet ancien chef de la sécurité de la Commission sénatoriale du renseignement aurait menti à propos de ses relations avec quatre journalistes par messagerie sécurisée. Il aurait également fait de fausses déclarations concernant la fuite d’informations internes à la commission.

Selon des informations révélées par la presse américaine, James A. Wolfe a travaillé pendant 31 ans au Sénat américain, sous les présidents républicains comme démocrates.

Une relation amoureuse

Dans le cadre de cette enquête, les enregistrements téléphoniques et les mails de la journaliste du New York Times, Ali Watkins, ont été saisis. Une perquisition qui interroge sur la liberté de la presse, malgré le fait que le Sénat a donné son accord à l’unanimité pour donner ces documents à la justice.

« Le Comité spécial du renseignement a reçu une demande du ministère de la Justice pour transmettre des dossiers concernant une enquête en cours à la suite d’allégations de divulgation non-autorisée d’informations par un ancien employé du Comité », a justifié le chef de la majorité sénatoriale, Mitch McConnell.

Si Ali Watkins a été visée par cette saisie de documents, c’est aussi en raison de sa relation amoureuse avec James Wolfe, lorsqu’elle s’occupait de couvrir l’activité de la commission pour Buzzfeed. Des sources proches du dossier indiquent qu’elle s’est séparée de Wolfe lors de son entrée au New York Times.

La protection des journalistes et de leurs sources

Le célèbre journal a d’ailleurs réagi par le biais sa directrice de la communication. « La liberté de la presse est la pierre angulaire de la démocratie et nous croyons que les communications entre les journalistes et leurs sources exigent une protection », a-t-elle déclaré.

« Cette décision du ministère de la Justice mettra en danger la capacité des journalistes à promettre la confidentialité à leurs sources et, en fin de compte, portera atteinte à la capacité d’une presse libre à faire la lumière sur les actions du gouvernement. Cela devrait être une grave préoccupation pour toute personne qui se soucie d’une citoyenneté informée. »

Politico, Buzzfeed et le New York Times, les publications pour lesquelles a travaillé Ali Watkins, ont indiqué ne pas avoir reçu de convocation de la justice.

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