L'incendie de Casablanca provoqué par un mégot

MAROC Il avait fait 55 morts samedi…

Avec agence

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Des portes bloquées, l'absence d'entretien des machines et des négligences dans la sécurité expliquent que 55 personnes soient mortes samedi dans l'incendie "catastrophique" d'une usine de matelas et d'ameublement à Casablanca, la capitale économique du Maroc.
Des portes bloquées, l'absence d'entretien des machines et des négligences dans la sécurité expliquent que 55 personnes soient mortes samedi dans l'incendie "catastrophique" d'une usine de matelas et d'ameublement à Casablanca, la capitale économique du Maroc. — Chafik AFP

Un mégot tombé sur des produits inflammables a été à l'origine de l'incendie qui a fait samedi 55 morts dans une usine de fabrication de matelas à Casablanca, a indiqué mardi le procureur général de la ville.

La personne soupçonnée d'avoir jeté le mégot à l'origine du drame a été poursuivie pour «incendie involontaire de biens immobiliers et biens meublés causant la mort de plus d'une personne et blessant d'autres». Le patron de l'usine Rosamor Adil Moufarreh et son fils Abdelali Moufarreh, gérant, sont, eux, poursuivis pour «absence des conditions et des équipements de sécurité (...), homicide, blessures involontaires et non assistance à personnes en danger».

Le parquet a en outre ordonné une «enquête parallèle» pour définir notamment les responsabilités concernant les violations de la loi sur l'urbanisme et celles concernant le Code du travail.

Des transformations qui avaient été entreprises par le patron de l'usine en 2007, sans les autorisations nécessaires, ont entravé les secours lors de l'incendie, a indiqué mardi le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa dans une déclaration lue en son nom mardi à la Chambre des conseillers (sénat) par le ministre de l'Emploi, Jamal Rhmani.

Des travaux qui n'ont pas aidé les secours

«Le propriétaire de la société a démoli le mur séparant l'atelier de menuiserie et le couloir menant vers la sortie et l'étage supérieur, annexé le parking à l'atelier, barricadé toutes les fenêtres et les couloirs et a construit un étage supplémentaire au niveau de la terrasse qu'il utilisait comme dépôt de matières premières.»

Il y avait notamment «une grande quantité de matières premières entreposées dans les couloirs et au niveau des escaliers, ce qui a freiné l'action des sapeurs pompiers, outre la violence de l'incendie (...), l'absence des issues de secours et la faiblesse du débit de l'eau», a-t-il souligné.

L'enquête a révélé que l'usine employait 130 salariés dont 50 femmes. «Seuls neuf salariés sont déclarés alors que le reste a été recruté via deux sociétés intermédiaire.»

Le ministre a enfin souligné la nécessité de combler «le vide juridique» concernant les dangers industriels, et de réviser un dahir (décret royal) sur le sujet promulgué le 25 août 1914.