La police chinoise avoue avoir tué un «insurgé» tibétain

CHINE C'est la première fois qu'elle le dit…

Avec agence

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Les manifestations anti-chinoises avaient démarré le 10 mars à Lhassa, jour anniversaire de la révolte anti-chinoise de 1959, avant de dégénérer le 14 mars, puis de s'étendre à d'autres régions où vivent des minorités tibétaines, dans l'ouest de la Chine.
Les manifestations anti-chinoises avaient démarré le 10 mars à Lhassa, jour anniversaire de la révolte anti-chinoise de 1959, avant de dégénérer le 14 mars, puis de s'étendre à d'autres régions où vivent des minorités tibétaines, dans l'ouest de la Chine. — Mark Ralston AFP/Archives

La police a tué par balle un présumé «insurgé» tibétain dans le nord-ouest de la Chine lors d'une fusillade, a indiqué mercredi l'agence officielle Chine Nouvelle. C'est la première fois que les autorités reconnaissent avoir tué un manifestant depuis le début en mars des troubles au Tibet.

Un policier a également été tué dans la fusillade qui s'est produite lundi dans la province du Qinghai, à forte population tibétaine, a ajouté Chine Nouvelle, citant la police provinciale.

L'incident s'est produit alors que les forces de l'ordre poursuivaient le leader d'un groupe «d'insurgés demandant l'indépendance du Tibet». Selon les autorités, le groupe avait tenté d'inciter des bergers tibétains du district de Dari à manifester le 21 mars, une semaine après les émeutes meurtrières dans la capitale du Tibet, Lhassa.

«Des coups de feu ont éclaté»

«Après une enquête d'un mois, la police s'est rendue sur place lundi pour arrêter le meneur soupçonné. Le suspect a résisté à l'interpellation et des coups de feu ont éclaté. Un officier de police, Lama Cedain, a été tué et d'autres policiers ont ouvert le feu, tuant le suspect», a précisé l'agence officielle.

Jusqu'à maintenant, les autorités chinoises avaient assuré qu'elles n'avaient tué personne durant la répression des émeutes, faisant porter aux «émeutiers» tibétains la responsabilité de la mort de 20 personnes (18 civils et 2 policiers).

De son côté, le gouvernement tibétain en exil en Inde affirme qu'au moins 203 personnes ont été tuées dans les émeutes au Tibet «réprimées» par la Chine depuis le mois de mars, selon un nouveau bilan communiqué mardi.