Eglise: Une organisation internationale réclame des mesures pour mettre fin aux abus sexuels

AGRESSION SEXUELLE L’association a été créée par des victimes de prêtres pédophiles et des militants des droits de l’homme…

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une église.
Illustration d'une église. — G . VARELA / 20 MINUTES

« L’Eglise s’en est tirée avec ses crimes depuis trop longtemps ». Des victimes de prêtres pédophiles et des militants des droits de l’homme, originaires d’une quinzaine de pays, ont lancé jeudi à Genève une organisation internationale pour « forcer » l’Eglise catholique à mettre fin aux abus sexuels au sein de l’institution.

Peter Saunders, ex-membre de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, a officiellement annoncé lors d’une conférence de presse la création de l’organisation « Ending clerical abuse » (ECA, « Pour en finir avec les abus du clergé »).

La fin des « mécanismes structurels » au sein de l’Eglise catholique

José Andres Murillo, un Chilien victime d’un prêtre pédophile au Chili récemment reçu par le pape François, a déclaré qu’il y avait eu « des progrès dans certains pays, d’abord grâce au courage des victimes qui ont osé lever la voix. » « Mais dans beaucoup d’autres endroits dans le monde, on cherche à faire taire ces voix », a déploré José Andres Murillo, pointant notamment l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie. « L’ECA ambitionne de devenir cette voix », a-t-il ajouté.

Parmi ses missions, cette organisation réclame la fin des « mécanismes structurels » au sein de l’Eglise catholique qui « permettent ces abus », mais souhaite aussi soutenir les victimes et les aider à contacter des organisations locales et internationales pour obtenir justice.

La mise en place de « vraies enquêtes » et d’un tribunal ad hoc

Dans une ambiance pesante, une vingtaine de membres de l’ECA, originaires notamment d’Italie, de République démocratique du Congo, de Pologne, des États Unis, de Jamaïque, du Mexique, du Chili ou encore de Suisse, sont montés à la tribune en brandissant une photographie d’évêques qu’ils accusent dans leurs pays respectifs d’avoir délibérément couvert des prêtres pédophiles et d’avoir « failli à leur devoir de protection des victimes ». Plusieurs d’entre eux ont été abusés par des prêtres dans leur enfance.

A quelques semaines de la venue du pape François à Genève, le Français François Devaux, président de l’association « La Parole libérée », l’a exhorté à annoncer des « actions concrètes » et la mise en place de « vraies enquêtes » et d’un tribunal ad hoc. Le pape François a annoncé, le 17 mai dernier, des «changements» pour rétablir «la justice» au sein de l’Eglise catholique chilienne, entachée par des scandales de pédophilie, mais sans donner aucune piste sur d’éventuelles sanctions contre des prélats.