« Boris le bouffon » contre « Ken le rouge »

LONDRES Les Londoniens, qui s'apprêtent à choisir leur maire demain...

A Londres,

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Ken Livingstone et Boris Johnson, les deux candidats à l'élection municipale 2008 à Londres.
Ken Livingstone et Boris Johnson, les deux candidats à l'élection municipale 2008 à Londres. — Daniel Deme / WENN/ Sipa

Drôle d'élection à Londres... Les Londoniens, qui s'apprêtent à choisir leur maire demain, sont face à un choix entre deux personnalités aussi controversées qu'inhabituelles, au coude-à-coude dans les sondages. D'un côté, Ken Livingstone, le maire sortant travailliste, admirateur d'Hugo Chavez, aime les déclarations à l'emporte-pièce et reçoit les penseurs musulmans les plus controversés. De l'autre, Boris Johnson, conservateur, trublion de la politique et ancien journaliste, est connu pour son sens de l'humour et sa capacité à gaffer qui lui vaut d'être comparé à un «bouffon» par ses opposants.

Sur le fond, la différence est minime. Le combat se déroule ailleurs, dans le choc des personnalités. Ken, 62 ans, autrefois surnommé «Ken le rouge» pour ses positions très à gauche, est un vieux poids lourd de la politique. Il est à la tête de Londres depuis huit ans, avec un bilan relativement acceptable: les transports en commun sont (un peu) moins mauvais, il a remporté les Jeux olympiques de 2012, et la criminalité est en baisse. Mais il approche de la retraite et exaspère une grande partie des Londoniens avec son ton cassant.


De la politique-spectacle


Face à lui, Boris Johnson, 43 ans, semble faire souffler un vent de renouveau, malgré ses racines très snobs. Il bénéficie aussi de nombreuses apparitions à la télévision, essentiellement dans des émissions comiques. «Il est le seul politicien qu'on puisse reconnaître de dos», se moque Tony Travers, politologue à la London School of Economics, en référence à ses cheveux en bataille couleur paille. Mais il a beaucoup de difficultés à se faire prendre au sérieux, sa carrière étant parsemée de déclarations malencontreuses. Il est notamment soupçonné de préjugés raciaux, ayant fait référence aux «sourires de pastèque» d'une foule d'Africains dans un de ses articles.

La campagne pour la mairie de Londres relève donc de la politique-spectacle. Mais le résultat du vote aura d'importantes répercussions nationales. Si les conservateurs s'emparent de la capitale britannique, cela représentera un coup sévère pour le Premier ministre travailliste Gordon Brown.