Etats-Unis: Cinquante ans après la mort de Robert F. Kennedy, son fils veut rouvrir l’enquête

ASSASSINAT Le fils de Bobby Kennedy n’est pas convaincu que le détenu d’origine palestinienne est bien le meurtrier, ou alors qu’il a agi seul...

20 Minutes avec AFP

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Robert F. Kennedy, le 10 janvier 2017.
Robert F. Kennedy, le 10 janvier 2017. — TIMOTHY A. CLARY / AFP

Cinquante ans après l’assassinat de son père dont il porte le prénom, Robert F. Kennedy Junior souhaite une nouvelle enquête sur le crime. Un homme, Sirhan Sirhan, purge pourtant actuellement une peine de prison à vie en Californie, pour le meurtre du candidat du parti démocrate. Mais le fils de Bobby Kennedy n’est pas convaincu que le détenu d’origine palestinienne est bien le meurtrier, ou alors qu’il a agi seul.

Robert F. Kenedy Junior, relance l’enquête sur la mort de son père. Frère cadet de John F. Kennedy, président des Etats-Unis assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas, Bobby Kennedy a connu un même destin tragique moins de cinq ans plus tard. Il a été assassiné à Los Angeles, à l’âge de 42 ans, le 5 juin 1968, alors qu’il était en bonne position pour remporter les primaires démocrates pour la présidentielle de l’automne suivant.

« RFK » venait d’achever un discours à l’hôtel Ambassador et quittait l’établissement, peu après minuit, en passant par les cuisines. Il a reçu plusieurs balles, dont l’une fatale au crâne. Malgré une intervention d’urgence en neurochirurgie, il a été déclaré mort au petit matin.

Une balle tirée derrière l’oreille

Sirhan Sirhan, un homme de 24 ans né à Jérusalem et qui s’était installé aux Etats-Unis avec sa famille, a avoué le meurtre à son procès en 1969, tout en assurant ne pas se rappeler l’avoir commis. Lors des débats, ont été produits des carnets sur lesquels il avait inscrit « RFK doit mourir », des pièces présentées comme des preuves de sa rage supposée contre l’appui de Kennedy à Israël.

Sirhan Sirhan avait été arrêté dans les cuisines de l’Ambassador, un calibre 22 en main. Mais certains ont toujours défendu la thèse d’un deuxième tireur. Condamné à mort, sa peine a été commuée en réclusion à perpétuité en 1972. Parmi les points troublants figure le fait que l’ex-ministre de la Justice et ancien sénateur de New York a été touché par une balle tirée à bout portant derrière l’oreille droite, alors que Sirhan Sirhan était censé lui faire face. Et, selon un expert en acoustique, 13 coups de feu ont été tirés, mais l’arme de Sirhan n’avait une capacité que de huit cartouches.

L’hypothèse du deuxième tireur

Robert F. Kennedy Junior a révélé au Washington Post la semaine dernière qu’il avait rendu visite à Sirhan Sirhan en prison en décembre. Le détenu de 74 ans s’est vu refuser toutes ses demandes de remise en liberté. « J’y suis allé car j’étais curieux et perturbé par les preuves que j’ai vues », a-t-il déclaré au quotidien. « J’étais troublé à l’idée que la mauvaise personne puisse avoir été condamnée pour le meurtre de mon père », a-t-il ajouté.

Kathleen Kennedy Townsend, ancienne vice-gouverneure de l’Etat du Maryland, s’est joint à l'appel de son frère pour la réouverture d’une enquête car « Bobby avance des arguments convaincants ». Cette initiative est depuis longtemps défendue par Paul Schrade, un responsable syndical blessé dans la fusillade en compagnie de quatre autres personnes.

« Oui, (Sirhan Sirhan) m’a bien tiré dessus », a-t-il dit au Washington Post. « Oui, il a atteint quatre autres personnes et a visé Kennedy », a poursuivi l’homme de 93 ans. Mais « l’important est qu’il n’a pas tiré sur Robert Kennedy ». Et d’ajouter : « Pourquoi n’ont-ils pas traqué le deuxième tireur ? » L’enquête risque de tourner à la bataille familiale : deux des 11 autres enfants de RFK ont confié au Boston Globe être opposés à la réouverture du dossier, préférant privilégier l’héritage des idéaux défendus par leur père.

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