Italie: Giuseppe Conte, adoubé par le Sénat, défend sa politique «populiste»

VOTE Novice en politique, inconnu des Italiens il y a encore deux semaines, cet avocat de 53 ans est venu présenter son premier discours de politique générale...

20 Minutes avec AFP

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Giuseppe Conte au Sénat, le 5 juin 2018.
Giuseppe Conte au Sénat, le 5 juin 2018. — Armando Dadi/AGF/SIPA

Le Sénat a largement voté sa confiance au nouveau chef du gouvernement italien mardi soir. Giuseppe Conte s’est exprimé devant les sénateurs, défendant la politique « populiste » qu’il entend désormais mener : lutte contre le « business » de l’immigration, relance de la croissance et ouverture avec la Russie.

Le vote est sans appel. Le nouveau chef du gouvernement a été adoubé par le Sénat italien avec 171 voix « pour » et 117 « contre » (25 abstentions).

« Si populisme signifie être capable d’écouter les besoins des personnes, alors nous le revendiquons », a affirmé le nouveau chef du gouvernement. Conte est le premier dirigeant d’un pays fondateur de l’Union européenne à prendre la tête d’un gouvernement populiste.

Un contrat avec les deux partis antisystème

Novice en politique, inconnu des Italiens il y a encore deux semaines, cet avocat de 53 ans a affronté avec conviction l’hémicycle du Sénat, où il est venu présenter son premier discours de politique générale avant de demander la confiance du parlement.

Flanqué de ses deux puissants vice-Premiers ministres, Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), et Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), Giuseppe Conte avait d’emblée annoncé qu’il serait le « garant » du « contrat de gouvernement ». Un contrat signé entre ces deux « actionnaires majoritaires » de la coalition, alors que nombre d’observateurs en Italie s’interrogent sur son autonomie.

Giuseppe Conte a sans surprise confirmé les objectifs contenus dans le « contrat » de son gouvernement : réduction de la fiscalité, lutte contre l’immigration clandestine, revenu de citoyenneté (revenu d’insertion pour les plus pauvres) et renégociation de certaines règles européennes.

« L’Europe est notre maison »

A commencer par celles concernant le droit d’asile prévues dans l’accord de Dublin, qui fait peser l’essentiel de la charge de l’accueil des migrants aux pays en première ligne, comme l’Italie.

Très attendu sur les dossiers européens, Giuseppe Conte a affirmé que la dette colossale de l’Italie devait être réduite par des politiques favorisant la croissance et l’emploi, et non par des mesures d’austérité. « L’Europe est notre maison », a-t-il aussi déclaré, revendiquant également l’appartenance de l’Italie à l’Alliance atlantique. Dernière étape ce mercredi, où Giuseppe Conte devra obtenir la confiance des députés, avant de s’envoler vers le Canada pour son premier G7.

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