Etats-Unis: Séparer les enfants de leurs parents migrants, la mesure de Trump qui fait polémique

IMMIGRATION Une nouvelle « tolérance zéro » a été décidée par l’administration Trump face à l’augmentation de traversées illégales à la frontière mexicaine…

20 Minutes avec agences

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Des manifestions ont eu lieu contre une mesure visant à séparer les enfants de leurs parents migrants.
Des manifestions ont eu lieu contre une mesure visant à séparer les enfants de leurs parents migrants. — Jeff Malet/NEWSCOM/SIPA

Une polémique de plus pour l’administration Trump. La décision de séparer les enfants de leurs parents arrêtés après avoir passé clandestinement la frontière avec le Mexique provoque le malaise aux Etats-Unis.

Certaines voix s’élèvent pour dénoncer une mesure cruelle, inutile et inefficace alors que des dizaines de manifestations ont été organisées à travers le pays vendredi. La politique migratoire du gouvernement Trump « est un crime et elle est immorale », a notamment déclaré Gustavo Torres, responsable de Casa, une organisation d’aide aux immigrés latinos dans l’Etat du Maryland et ce, lors d’un rassemblement devant le ministère de la Justice à Washington.

Une nouvelle « tolérance zéro »

Le nombre de traversées illégales a augmenté depuis quelques mois à la frontière mexicaine alors que Donald Trump a fait de la lutte contre les clandestins une priorité. En avril, près de 51.000 personnes dont plus de 9.500 familles, ont été arrêtées sur le sol américain, selon la police aux frontières.

Pour stopper le flot, le ministre de la Justice Jeff Sessions a annoncé le 7 mai une nouvelle « tolérance zéro » pour les clandestins arrêtés qui seront systématiquement inculpés pour entrée illégale avant même de pouvoir déposer une demande d’asile. « Si vous faites passer [illégalement] un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme requis par la loi », avait notamment déclaré le ministre.

La faute aux démocrates

La mesure vise notamment les ressortissants des pays d’Amérique centrale - Guatemala, Salvador et Honduras - qui déposent des demandes d’asile en raison d’une « peur crédible » pour leur vie. Les enfants sont placés en famille d’accueil ou chez des proches pendant que leurs parents déposent une demande d’asile. Selon les chiffres officiels, plus de 90 % d’entre elles sont approuvées après un examen qui peut durer plusieurs mois.

Pour sa défense, Donald Trump a rendu la précédente administration démocrate de Barack Obama responsable de ces mesures de détention, ainsi que l’opposition démocrate au Congrès, pourtant dominé par les républicains. « Mettez la pression sur les démocrates pour mettre fin à la loi horrible séparant les enfants de leurs parents quand ils ont passé la frontière », a-t-il tweeté la semaine dernière. Le président américain a par ailleurs lié la fin de cette mesure au financement d’un mur à la frontière mexicaine pour stopper les clandestins.

Une loi rarement appliquée sous Obama

La loi était en effet déjà en vigueur sous l’administration Obama, mais rarement appliquée. Selon l’éditorialiste du Washington Post Greg Sargent, « le changement n’est pas qu’une nouvelle règle a provoqué la séparation des familles (mais que) l’administration inculpe délibérément plus de familles en sachant parfaitement que plus d’enfants seront séparés de leurs parents ».

La puissante organisation de défense des droits civiques ACLU a quant à elle dénoncé jeudi 31 mai l’utilisation des familles « comme monnaie d’échange contre un mur à la frontière et d’autres mesures répressives ».

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