Djihadiste française jugée en Irak: Paris respecte «la souveraineté des juridictions irakiennes»

JUSTICE La condamnation à perpétuité dimanche de Mélina Boughedir équivaut à vingt années de réclusion au regard de la législation irakienne actuelle...

20 Minutes avec AFP

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La française Mélina Boughedir au tribunal en Irak.
La française Mélina Boughedir au tribunal en Irak. — STRINGER / AFP

Paris a pris acte dimanche de la condamnation de la Française Mélina Boughedir à la perpétuité à Bagdad pour avoir rejoint l'organisation de l'Etat islamique (EI), relevant que la procédure n’était pas terminée et assurant qu’elle respectait « la souveraineté des juridictions irakiennes ».

« Nous notons que la procédure judiciaire n’est pas achevée et suivra son cours, tant par nouvel appel de la Cour de Cassation, comme c’est automatiquement le cas s’agissant de condamnation pour terrorisme en droit irakien, que sur le recours de Madame Boughedir elle-même si elle le souhaite », a déclaré le ministère des Affaires étrangères interrogé par l’AFP.

Mélania Boughedir va interjeter appel

« La France continuera de respecter la souveraineté des juridictions irakiennes et le déroulement indépendant des procédures judiciaires », a poursuivi le Quai d’Orsay. La condamnation à perpétuité dimanche de Mélina Boughedir équivaut à vingt années de réclusion au regard de la législation irakienne actuelle.

Mélina Boughedir, 27 ans, avait été déclarée libérable en février à l’issue d’un premier procès pour « entrée illégale » en Irak. Sous le coup cette fois de la loi antiterroriste, elle était passible de la peine capitale.

Ses avocats français William Bourdon, Martin Pradel et Vincent Brengarth se sont dit « soulagés qu’elle n’ait pas été condamnée à mort » mais ont annoncé que leur cliente allait interjeter appel.

Paris fait valoir son opposition à la peine de mort

« Elle (la France) entretient un dialogue régulier avec les autorités de l’Irak, afin notamment de faire valoir, comme elle le fait toujours, son opposition à l’application de la peine de mort, ainsi que le respect des conventions internationales prohibant en particulier les traitements inhumains ou dégradants », a souligné le ministère des Affaires étrangères.

Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait appelé Bagdad à juger cette « terroriste » de l’EI ayant « combattu contre l’Irak ». Une qualification qui « la condamnait par avance à une condamnation lourde », a déploré Patrick Baudouin, avocat et président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH).

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