Australie: La commonwealth Bank condamnée à une amende record de 530 millions de dollars

AUSTRALIE La banque était poursuivie pour infractions aux législations sur le blanchiment et sur le financement du terrorisme…

N.Sa avec AFP

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Illustration de la Commonwealth Bank, en Australie.
Illustration de la Commonwealth Bank, en Australie. — William WEST / AFP

La Commonwealth Bank (CBA), plus grande banque d’ Australie, a accepté lundi de payer une amende de 530 millions de dollars US (454 millions d’euros) pour mettre fin à des poursuites pour infractions aux législations sur le blanchiment et sur le financement du terrorisme.

Cet accord fait suite à une médiation imposée par la justice entre la banque et le service australien de renseignement financier Austrac. Si l’accord est approuvé par la Cour fédérale, il s’agira de l’amende civile la plus élevée jamais imposée à une entreprise australienne.

L’accord constitue « une reconnaissance claire de nos manquements »

L’Austrac avait assigné la CBA en août 2017 devant la Cour fédérale. La banque, premier prêteur d’Australie et sa première entreprise par la capitalisation boursière, est soupçonnée d’avoir contrevenu plus de 53.000 fois à la législation sur le blanchiment et le financement du terrorisme, en particulier avec ses automates de dépôts d’espèces. En décembre, Austrac a élargi l’affaire à une centaine d’autres infractions présumées.

L’accord conclu lundi constitue « une reconnaissance claire de nos manquements » et doit permettre à la banque « d’aller de l’avant », a commenté son patron Matt Comyn dans un communiqué, où il a également présenté ses excuses. L’amende est largement plus élevée que ce que CBA avait anticipé, puisqu’elle n’avait provisionné que 375 millions de dollars australiens pour se couvrir.

Des criminels se seraient servis de la banque pour blanchir leur argent

Selon le dossier de plainte instruit par l’Austrac, des membres d’une organisation criminelle auraient utilisé de faux noms et documents d’identité pour déposer de l’argent liquide sur des comptes à la CBA.

« Ce dossier montre que des criminels exploitent les pratiques défaillantes des entreprises pour blanchir les fruits de leurs crimes », a souligné la cheffe d’Austrac, Nicole Rose.
« Ceci a des conséquences concrètes sur la vie quotidienne des Australiens et fait courir un risque à la population en augmentant les possibilités, pour les terroristes, de commettre des attaques ici et à l’étranger », a-t-elle ajouté. Cette affaire montre que les entreprises « doivent prendre au sérieux leurs obligations » en matière de lutte contre le blanchiment, a encore observé Nicole Rose.

La CBA connaît une série noire depuis l’action en justice de l’Austrac. Elle est mise en cause par d’autres régulateurs pour sa gestion des infractions présumées et sa culture d’entreprise a été clouée au pilori. Fin janvier, la banque a également été renvoyée devant la justice par la Commission australienne des valeurs et investissements (Asic) qui l’accuse de manipulations de taux interbancaires de référence en 2012.