VIDEO. Irak: La Française Mélina Boughedir condamnée à la perpétuité pour appartenance à Daesh

JUSTICE En février dernier, la même Cour pénale centrale de Bagdad avait ordonné la libération et l'expulsion de la jeune femme de 27 ans...

H. B. avec AFP

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La française Mélina Boughedir au tribunal en Irak.
La française Mélina Boughedir au tribunal en Irak. — STRINGER / AFP

Elle était à nouveau jugée par la justice irakienne. La Française Mélina Boughedir a été condamnée à la perpétuité pour appartenance au groupe djihadiste Etat islamique (EI), au cours d’un nouveau procès qui se déroulait ce dimanche en Irak. La condamnation à la perpétuité en Irak ne correspond pas à la perpétuité réelle, mais se traduit par une peine de 20 ans de détention.

La Française échappe donc à la peine de mort, mais la sentence est bien plus lourde que lors de son premier procès.

En février, la même Cour pénale centrale de Bagdad avait ordonné la libération et l’expulsion de la jeune femme de 27 ans. Les juges avaient estimé qu’elle n’avait à répondre que d'« entrée illégale » en Irak et avaient prononcé une peine de sept mois, alors déjà purgée.

La Cour de cassation irakienne avait ordonné un nouveau procès, cette fois-ci en vertu de la loi antiterroriste, qui prévoyait la peine de mort pour appartenance à un groupe terroriste que l’accusé ait combattu ou non.

Une « terroriste de Daesh », selon Jean-Yves Le Drian

Il existe de « lourdes interrogations sur les pressions qui auraient été exercées par la France pour provoquer un nouveau procès », a affirmé William Bourdon, avocat parisien de Mélina Boughedir qui a fait le déplacement à Bagdad.

Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait décrit Mélina Boughedir comme une « terroriste de Daesh qui a combattu contre l’Irak » et appelé ce pays à la juger, tout en réitérant son refus de la peine de mort.

Sa famille souhaite un rapatriement en France

La famille et la défense de Mélina Boughedir plaident, eux, pour qu’elle rentre en France où « un juge d’instruction a signifié par un mandat d’arrêt qu’il souhaitait la voir dans son bureau », a affirmé Me Bourdon.

Cette mère de quatre enfants – dont trois rapatriés en France — avait été arrêtée durant l’été 2017 à Mossoul (nord), ancienne « capitale » irakienne de Daesh, alors que son mari, lui aussi français, serait mort.