«Spygate»: Un républicain démonte la théorie du complot de Trump contre le FBI

ETATS-UNIS L'élu Trey Gowdy a défendu l'enquête du bureau fédéral...

P.B. avec AFP

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L'élu américain républicain Trey Gowdy,  le 31 janvier 2018.
L'élu américain républicain Trey Gowdy, le 31 janvier 2018. — Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Depuis deux semaines, Donald Trump ne parle que de ça. Après avoir affirmé – à tort – l’an dernier avoir été « mis sur écoute » par Barack Obama, le président américain continue de tenter de discréditer l’enquête du procureur Robert Mueller en s’en prenant au FBI. Via une vingtaine de tweets et retweets, Donald Trump jure que sa campagne aurait été « infiltrée » par un « espion » placé par le FBI et Barack Obama pour faire dérailler sa candidature. Mais mardi, cette théorie du complot a été torpillée par un éminent élu républicain.

Dur en effet de faire plus pro-Trump que Trey Gowdy. Cet élu républicain, qui avait présidé la commission d’enquête sur Benghazi, est l’une des voix, avec Devin Nunes, qui a demandé au ministère de la Justice (DOJ) d’enquêter sur les enquêteurs, afin de s’assurer que Donald Trump n’a pas victime d’un complot. Sur Fox News, mardi soir, après avoir été briefé par le DOJ, Gowdy a toutefois été catégorique : il n’y a pas de « spygate ».

« Je suis plus que jamais convaincu que le FBI a exactement fait ce que mes concitoyens sont en droit d’attendre de lui, et que cela n’avait rien à voir avec Donald Trump. Quand le président saura ce qu’il s’est passé, il sera très content que le FBI ait pris au sérieux les informations qu’il avait », a ajouté l’élu, sans donner davantage de précisions.

Un conseiller de Trump dans le collimateur

Dans les faits, un informateur du FBI travaillant dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine a bien rencontré des membres de l’équipe du candidat Trump, selon la presse américaine, mais les fins politiques ne sont pas démontrées. Le FBI s’intéressait depuis 2013 à Carter Page, soupçonné d’avoir eu des contacts avec des espions russes. Page est ensuite devenu un conseiller sur la campagne de Donald Trump.

« Rien de ce que nous avons entendu aujourd’hui n’a changé notre opinion qu’aucune preuve ne soutient une quelconque accusation que le FBI ou une agence de renseignement a placé un espion dans l’équipe de campagne de Trump », avait conclu le démocrate Adam Schiff la semaine dernière.

En pratique, la théorie d’une conspiration du FBI cherchant à empêcher Donald Trump d’accéder à la Maison Blanche a un problème majeur. Moins de deux semaines avant le scrutin, le FBI avait averti le public de la réouverture de l’enquête contre Hillary Clinton. Mais le bureau d’investigation n’avait rien dit sur l’enquête visant la campagne de Donald Trump, pourtant ouverte à l’été 2016.