Scandale sexuel dans les ONG: Les députés britanniques étudient un rapport confidentiel

HUMANITAIRE Il s’agit d’une étape dans l’enquête du parlement britannique sur les manquements d’Oxfam en Haïti en 2010…

20 Minutes avec AFP

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En 2010, lors du tremblement de terre en Hïti. Ici à Port-au-Prince.
En 2010, lors du tremblement de terre en Hïti. Ici à Port-au-Prince. — THONY BELIZAIRE / AFP

Les parlementaires britanniques étudient un rapport confidentiel des Nations Unies, rédigé en 2001 sur un scandale sexe contre nourriture, impliquant des travailleurs humanitaires de quinze organisations internationales, a révélé ce mardi le quotidien The Times.

Le document de 84 pages, a été élaboré pour le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) par une équipe de chercheurs visitant des camps de réfugiés dans trois pays d’Afrique : la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone. Seule une version résumée du rapport avait été publiée en 2002, sans nommer les membres des quinze organisations internationales, en plus d’ONG locales, qui auraient été impliquées « dans des rapports d’exploitation sexuelle avec des enfants réfugiés ».

Une suite de l’enquête sur le scandale Oxfam

Une copie du rapport est actuellement étudiée par le comité chargé du développement international de la chambre des Communes, la chambre basse du parlement britannique. Ce comité enquête sur les agissements des travailleurs humanitaires après les révélations, en février dernier, de comportements sexuels inappropriés visant les membres d’Oxfam en Haïti en 2010

Le document est « très important pour notre enquête », a jugé la députée conservatrice Pauline Latham, dans The Times. « Il montre que le secteur humanitaire a eu des problèmes pendant de nombreuses années, et n’a pas réussi à les résoudre lui-même, et qu’il est temps de le réformer ».

Pas de poursuites jusque-là

Selon ce rapport, certains membres de ces organisations « utilisaient souvent l’aide humanitaire et les services destinés à bénéficier aux réfugiés comme un outil d’exploitation ». De la nourriture, mais aussi du carburant ou même l’accès à des services éducatifs pouvaient être échangés contre des faveurs sexuelles. Des « listes confidentielles », rassemblant les noms de 67 personnes supposément impliquées, avaient été élaborées, mais sans que cela n’aboutisse à des poursuites, d’après The Times.

Parmi les organisations impliquées, le journal cite plusieurs agences de l’ONU ou les ONG International Rescue Committee (IRC) et Norwegian Refugee Council (NRC). Interrogée par l’AFP, l’IRC précise avoir « renvoyé des travailleurs locaux dont l’implication avait été confirmée », tandis que le NRC indique avoir licencié un salarié au Sierra Leone. Les deux organisations ajoutent qu’elles ont ensuite mis en place un code de conduite.