Manuel Valls candidat à la mairie de Barcelone? L’hypothèse se précise

POLITIQUE L’ancien Premier ministre pourrait être la tête de liste du parti de centre-droit Ciudadanos aux élections municipales de 2019…

Rachel Garrat-Valcarcel

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Manuel Valls lors d'un colloque à Madrid, le 19 avril 2018.
Manuel Valls lors d'un colloque à Madrid, le 19 avril 2018. — Emilio Naranjo/EFE/SIPA

Certes, Manuel Valls est né à Barcelone, en 1962, et il a même eu la nationalité espagnole jusqu’en 1982. Mais voir l’ancien Premier ministre français faire un nouveau pas vers une candidature municipale dans la capitale catalane a quand même de quoi surprendre.

Depuis plusieurs semaines, pourtant, l’hypothèse fait son chemin. Depuis que le jeune chef du parti Ciudananos (« Citoyens », centre-droit), Albert Rivera, a lui-même soufflé l’idée à Manuel Valls. Et l’ancien maire d’Evry a l’air séduit : « Je réfléchis à la proposition, je prendrai ma décision cet été, explique-t-il au journal L’Opinion, ce lundi matin. Si ça marche, vous vous rendez compte du coup ? »

Il peut se présenter

La première question qui se pose est la suivante : est-ce techniquement possible ? Oui : les pays membres de l’Union européenne permettent à des ressortissants d’autres pays membres de se présenter aux élections municipales. Aucun problème pour Manuel Valls, qui n’a plus la nationalité espagnole, mais est français. « D’un point de vue intellectuel, me faire élire à Barcelone, c’est symboliser l’Europe par la preuve », jure le député de l’Essonne, toujours dans L’Opinion.

Et politiquement, est-ce réaliste ? La réponse est évidemment plus complexe. Les prochaines élections municipales espagnoles doivent avoir lieu dans un an, le 26 mai 2019. Depuis 2015, c’est Ada Colau, une proche de Podemos, qui se trouve à la tête de la mairie, en alliance notamment avec les socialistes.

Ciudadanos a le vent en poupe

Depuis la crise catalane de l’automne 2017, le parti de centre-droit d’Albert Rivera apparaît comme le meilleur défenseur de l’unité de l’Espagne, face au PP (droite), au pouvoir mais en difficulté, et aux socialistes. Ciudadanos  ne quitte plus la tête des sondages nationaux depuis quelques semaines.

Manuel Valls pourrait donc rejoindre un parti qui a le vent en poupe. Mais, à Barcelone, ville qui n’a quasiment eu que des maires de gauche depuis le retour à la démocratie en Espagne, et qui se différencie du reste de la région par la moindre influence des partis indépendantistes, l’équation sera de toute façon complexe.