Second tour sans enjeux des élections législatives en Iran

POLITIQUE Une grande partie des candidats réformateurs n'ont pas eu l'autorisation de se présenter…

Avec agence

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Le taux de participation n'était que d'environ 10% en début d'après-midi, d'après le général Ali Afshar, responsable des élections au ministère, cité par l'agence Mehr.
Le taux de participation n'était que d'environ 10% en début d'après-midi, d'après le général Ali Afshar, responsable des élections au ministère, cité par l'agence Mehr. — Behrouz Mehri AFP

Un second tour des élections législatives iraniennes sans véritable suspense. Environ 22 millions d'Iraniens sont appelés aux urnes afin de choisir parmi 164 candidats, dont douze femmes, pour pourvoir les 82 sièges restants après le premier tour, sur un total de 290.

Le Parlement iranien, élu pour quatre ans, est dominé par les conservateurs depuis 2004. Le scrutin de l'époque avait été marqué par la disqualification massive, avant le vote, de candidats réformateurs par les autorités. Le même processus s'est répété cette année, avec environ 2.000 candidats disqualifiés, dont une grande partie de réformateurs.

Le premier tour, qui s'est tenu le 14 mars, a donc vu les conservateurs s'emparer d'environ les deux tiers des sièges. La défaite des réformateurs, qui ont recueilli une trentaine de sièges, a été particulièrement marquée dans la circonscription de Téhéran, où aucun de leurs candidats n'a franchi la barre des 25% de suffrages pour être élu.

Malgré cela, l'analyste conservateur Amir Mohebian a prédit que la Chambre «sera un parlement critique» de l'action du gouvernement du président ultraconservateur. Car au sein du camp conservateur, avec environ 130 députés déjà élus, il existe des divergences, entre une aile soutenant le Président et une autre qui lui est opposée.

Des conservateurs opposés à Mahmoud Ahmadinejad

Les opposants conservateurs sont réputés soutenir des personnages visant la place de Mahmoud Ahmadinejad lors de la présidentielle de 2009, comme l'ancien négociateur du dossier nucléaire, Ali Larijani, et l'actuel maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf. Sans être dans leur camp, l'actuel président du Parlement, Gholam-Hossein Hadad Adel, s'est récemment posé en critique de l'action gouvernementale.

Des voix s'élèvent dans le camp conservateur pour s'inquiéter notamment de la hausse de l'inflation, qui frise officiellement les 20%. Mais le camp réformateur n'en espère pas moins gagner encore une dizaine de députés au second tour. Il compte entre autres sur la circonscription de Téhéran, où 11 députés restent à élire alors que 19 conservateurs ont franchi la barre dès le premier tour.

Aucun débat n'a été autorisé sur les médias radio-télévisés, qui sont un monopole d'Etat, alors que la dégradation de la situation économique est le premier sujet de préoccupation des électeurs.

Les résultats en province de ce second tour seront connus dès samedi et ceux pour la circonscription de Téhéran dimanche.