VIDEO. Qui est Giuseppe Conte, le nouveau chef de l'Etat italien choisi par l'extrême droite?

PORTRAIT Après avoir été désigné mercredi par le président italien comme chef du gouvernement, Giuseppe Conte doit désormais nommer ses ministres…

20 Minutes avec AFP

— 

Giuseppe Conte, au palais du Quirinal, le 23 mai 2018.
Giuseppe Conte, au palais du Quirinal, le 23 mai 2018. — Vincenzo PINTO / AFP

Inconnu du grand public, Giuseppe Conte a été désigné par le président italien pour diriger un gouvernement d’union. Cet avocat et professeur de droit de 53 ans, jusqu’à présent très éloigné du monde politique, doit désormais composer un gouvernement pour diriger l’Italie.

Arrivé en taxi, le nouveau chef du gouvernement est également reparti en taxi, mais désormais accompagné d’une escorte policière. « Je suis conscient de la nécessité de confirmer la place de l’Italie en Europe et dans le monde », a déclaré Giuseppe Conte, quelques instants après sa nomination mercredi.

Pour les Italiens, c’est presque un inconnu qui va prendre la tête du pays. Avant mercredi, la seule apparition publique dans un contexte politique de cet universitaire discret datait d’avant les élections du 4 mars, quand le Mouvement cinq étoiles l’avait présenté comme possible ministre de l’administration publique.

Un père secrétaire communal, une mère maîtresse d’école

Sa nomination, il la doit à Luigi di Maio, leader du Mouvement cinq étoiles et à Matteo Salvini, à la tête de la Ligue du nord, deux formations antisystème et d’extrême droite. Les deux hommes voient en lui un « expert en simplification ». Né en 1964 à Volturara Appula, village de 500 habitants du sud de l’Italie, dans les Pouilles, Giuseppe Conte a grandi auprès d’un père secrétaire communal et d’une mère maîtresse d’école à San Giovanni Rotondo, la ville de Padre Pio, le saint le plus révéré d’Italie.

Il est le premier chef de gouvernement originaire du sud de l’Italie depuis près de 30 ans. « C’est quelqu’un qui vient de la périphérie de ce pays (…), qui s’est fait tout seul, un dur », a assuré Luigi Di Maio. Giuseppe Conte a fait de brillantes études de droit à la Villa Nazareth, une université catholique pour étudiants défavorisés à Rome. Son CV évoque ensuite des séjours de « perfectionnement » pendant l’été dans les universités les plus prestigieuses du monde : Yale, New York University la Sorbonne, Cambridge…

Ces quelques lignes ont d’ailleurs provoqué une polémique parce que plusieurs de ces établissements, interrogés par l’AFP, ont expliqué ne pas avoir pas trace de lui. Ses séjours étaient essentiellement des activités de recherches personnelles dans les bibliothèques des établissements.

Une passion pour le football

Dans le même temps, il a enseigné dans des facultés de droit en Sardaigne, à Rome, à Florence ou à Malte et était jusqu’à récemment professeur de droit privé à Florence, tout en exerçant dans un cabinet d’avocats dans la capitale. Il a été aussi membre du Conseil d’administration de l’Agence spatiale italienne, consultant juridique de la Chambre de commerce de Rome ou encore membre du comité de surveillance de plusieurs sociétés d’assurances en faillite.

Séparé de son épouse, il a un fils de 10 ans avec lequel il partage sa passion pour le football. Lui qui a voté à gauche la majeure partie de sa vie va désormais diriger des ministres d’extrême droite. « Je pense que les schémas idéologiques du XXe siècle ne sont plus adéquats », a-t-il expliqué un jour, selon la presse. Giuseppe Conte doit désormais rapidement former un gouvernement, qui sera ensuite validé par le président Matarella. Une tâche qui s’annonce difficile au vu des divisions politiques italiennes.

Comme pour défier ces difficultés, Giuseppe Salvini affiche sur son compte WhatsApp cette citation attribuée à John Kennedy : « Chaque réussite commence par la volonté d’essayer ».

>> A lire aussi : Italie: «Si on devait assister à une crise financière, les répercussions seraient monumentales»