MH17 abattu en Ukraine: Le missile provenait d'une unité militaire russe, selon les enquêteurs

ENQUETE Les Pays-Bas n’ont présenté « aucun fait » permettant d’accuser la Russie et « spéculent à des fins politiques », estime de son côté la Russie…

20 Minutes avec AFP

— 

Le 17 juillet 2014, le Lien : vol 17 Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur était abattu en vol dans la région de Donetsk.
Le 17 juillet 2014, le Lien : vol 17 Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur était abattu en vol dans la région de Donetsk. — Dutch Safety Board / REX / SIPA

Le 17 juillet 2014, le vol 17 Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur était abattu en vol dans la région de Donetsk. Aucun survivant n’avait été retrouvé parmi les 283 passagers et les 15 membres de l’équipage. Ce jeudi, les enquêteurs internationaux « ont conclu que le missile Bouk-Telar qui a abattu MH17 provenait de la 53e brigade anti-aérienne basée à Koursk, en Russie », a annoncé l’enquêteur néerlandais Wilbert Paulissen, précisant que la 53e brigade faisait « partie des forces armées russes ».

L’avion de la compagnie Malaysia Airlines avait été abattu au-dessus de l’Est séparatiste prorusse de l’Ukraine. A l’époque, un conflit était en cours dans cette partie est de l’Ukraine, mais le survol n’était pas interdit aux avions civils.

Empreinte digitale pour un missile

En septembre 2016, les enquêteurs internationaux avaient déjà conclu que le missile avait été acheminé de Russie avant d’être tiré depuis le territoire dans l’Est de l’Ukraine contrôlé par les séparatistes prorusses. Ils n’avaient cependant pas dit qui avait tiré le missile.

A ce jour, l’équipe internationale a minutieusement recréé la route empruntée par le convoi militaire depuis Koursk à travers la frontière ukrainienne en utilisant des photos et des vidéos. Selon l’enquêteur Paulissen, le missile Bouk possède « nombre de caractéristiques uniques qui en tant que telles constitueraient une sorte d’empreinte digitale pour un missile ».

Moscou nie les accusations et accuse Kiev

L’armée russe a rejeté ce jeudi ces conclusions, affirmant qu'« aucun missile russe » n’avait « jamais » franchi la frontière et mettant en cause Kiev. Les autorités russes ont fourni « des preuves exhaustives » de « l’implication d’unités ukrainiennes ayant utilisé les missiles Bouk pour détruire le vol », a affirmé le ministère de la Défense.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, a nié en bloc toutes les accusations. Les Pays-Bas n’ont présenté « aucun fait » permettant d’accuser la Russie et « spéculent à des fins politiques » sur la catastrophe du vol MH17, abattu en 2014 au-dessus de l’Ukraine. Il a également expliqué avoir eu une conversation téléphonique avec son homologue néerlandais, au lendemain de la publication des résultats de l’enquête internationale accusant la Russie.

Moscou avait déjà nié à plusieurs reprises son implication dans le drame en en accusant l’Ukraine. L’investigation menée par les Pays-Bas est actuellement focalisée sur quelque 100 personnes soupçonnées de jouer «un rôle actif» dans cette affaire. Aucun nom n’a jusqu’à présent été cité.

Le chef des enquêteurs Fred Westerbeke a souligné jeudi que l’enquête était dans sa « phase finale » en estimant qu’il y « avait encore du travail à faire ». Au cours des années précédentes « nous avons acquis beaucoup de preuves, mais nous ne sommes pas encore prêts » à procéder à des accusations, a-t-il dit.

>> A lire aussi : Le crash du MH370 est une énigme «presque inconcevable», reconnaissent les experts

>> A lire aussi : Disparition du vol MH370: Des débris de l'avion photographiés par un satellite français?

Les autorités néerlandaises ont annoncé que le procès de tout suspect arrêté dans le cadre de cette affaire aurait lieu aux Pays-Bas aux termes d’un accord conclu entre les pays participant à l’enquête.