Nigeria: Des victimes de Boko Haram violées par des soldats en échange de nourriture

SCANDALE Un rapport accablant d’Amnesty International dénonce un système d’exploitation sexuelle parfaitement organisé…

20 Minutes avec agences

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Cent onze lycéennes sont portées disparues en février 2018 dans le nord-est du Nigeria, deux jours après l'attaque d'une école de filles par Boko Haram?
Cent onze lycéennes sont portées disparues en février 2018 dans le nord-est du Nigeria, deux jours après l'attaque d'une école de filles par Boko Haram? — Jon Gambrell/AP/SIPA

Selon un rapport d’Amnesty International fondé sur plus de 250 entretiens, des Nigérianes ont été violées par des soldats et miliciens en échange de nourriture. Des milliers d’autres seraient mortes de faim dans les camps du nord-est du Nigeria, où sévit le groupe djihadiste Boko Haram.

Dans un document accablant publié ce jeudi, l’ONG accuse l’armée nigériane et la milice engagée à ses côtés contre Boko Haram d’avoir « séparé les femmes de leur époux », et de les avoir « enfermées dans des camps annexes isolés ». Elles y seraient violées depuis 2015, année où les autorités ont repris le contrôle de territoires occupés par les rebelles.

Violées « pour ne pas mourir de faim »

« Au lieu de recevoir une protection de la part des autorités, les femmes et les filles ont été contraintes de se faire violer pour se nourrir ou ne pas mourir de faim », a déclaré Osai Ojigho, directrice d’Amnesty Nigeria. Plusieurs d’entre elles racontent avoir subi des viols fin 2015 et début 2016 dans le camp hôpital de Bama.

« Un [milicien] est venu et m’a apporté de la nourriture. Le lendemain, il m’a dit que je devais aller chercher de l’eau chez lui a confié Ama, 20 ans. Il a alors refermé la toile de la tente derrière moi et m’a violée ». D’autres femmes ont raconté qu’elles avaient été contraintes de devenir les « compagnes » de membres des forces de sécurité « pour ne pas mourir de faim ».

Des crimes impunis à ce jour

Selon Amnesty International, ces témoignages démontrent l’existence d’un système d’exploitation sexuelle parfaitement organisé. L’ONG rappelle que des milliers de personnes sont mortes de faim dans ces camps, où sévissaient d’importantes pénuries de nourriture entre début 2015 et juin 2016, lorsque les organisations humanitaires sont arrivées en masse.

Amnesty International s’est également indignée de « l’impunité » qui règne pour les coupables de ces crimes, alors même qu’une commission présidentielle avait été créée en août 2017 pour enquêter sur les abus de l’armée. « Personne ne semble avoir été traduit en justice, dénonce l’ONG. On ne sait toujours pas si des enquêtes ont réellement eu lieu, car aucune conclusion n’a été rendue publique.

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