Compte à rebours: Hillary n'a plus que 10,7% de chances de gagner

Christopher Beam. Traduction 20 Minutes

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Les chances de nomination d'Hillary Clinton, le 22 avril 2008, selon le magazine «Slate».
Les chances de nomination d'Hillary Clinton, le 22 avril 2008, selon le magazine «Slate». — Slate
Le site Slate.com prédit le naufrage d’Hillary Clinton. Il a lancé fin mars un compte à rebours des chances qu'il lui reste de gagner – un calcul actualisé chaque jour. Ça s’appelle «The Hillary deathwatch»: «l'horloge de la mort».

Lundi, nous avions prédit qu’Hillary Clinton l’emporterait en Pennsylvanie avec 8 points d’avance – «un score suffisamment haut pour lui permettre de continuer à roder dans les parages, et suffisamment bas pour que les supporters de Barack Obama puissent clamer qu’elle est cuite». On n’a pas visé tout à fait juste, l’avance est finalement de 10 points. Notre conclusion est toutefois la même: Hillary Clinton a désormais une excuse pour faire traîner sa candidature encore quelques semaines. Mais malgré ces funestes perspectives, nous relevons aujourd’hui sa côte de 0,8 points, ce qui lui fait 10,7% de chances de l’emporter.





Pourquoi cette hausse? En deux mots: vote populaire. Comme tout le monde le sait, Hillary Clinton n’a plus aucune chance de dépasser Barack Obama en termes de délégués engagés [les pledged-delegates, qui ont annoncé pour qui ils allaient voter à la Convention où sera désigné le candidat démocrate, NDLR]. Sa candidature dépend donc de son aptitude à convaincre les super délégués de voter pour elle, même si elle est distancée aux primaires [les superdelegates sont des membres de droit de la Convention, qui n’ont pas à annoncer leur choix, NDLR]. Il ne lui suffira pas de prétendre vaguement qu’elle est plus «éligible». Il lui faut des résultats chiffrés en sa faveur. Et sa dernière chance de battre numériquement Obama, c’est le vote populaire. Grâce à la Pennsylvanie – qui lui a apporté un peu plus de 200.000 voix – Clinton est désormais distancée par Obama de 500.000 voix, selon les comptes de RealClearPolitics. Et encore. Si vous comptez les voix de Floride et du Michigan, ce qu’elle fera incontestablement, l’avance d’Obama en termes de nombre de voix descend à peu près à 100.000. Qu’elle rattrape ou non son retard, elle est suffisamment près pour dire qu’ils sont serrés.

En plus, ça lui laisse du temps pour marteler ses autres arguments de prédilection: elle a gagné dans les «grands Etats» (ce qui, bien sûr, n’a aucun rapport avec ses chances de l’emporter lors de l’élection générale) ; elle dispose des coalitions nécessaires pour gagner la présidence en novembre; elle est plus «éligible» qu’Obama contre McCain. Autant d’arguments qui ne pèsent pas lourd face aux mathématiques électorales. Mais, remarquez, les superdélégués ne sont pas des créatures tout à fait rationnelles.

Malheureusement, c’est toujours foutu pour Clinton. Les rapports de la Commission électorale fédérale publiés mardi montrent que sa campagne, débutée en avril, est dans le rouge. Et c’était avant la blitzkrieg de la pub engagée pour la primaire de Pennsylvanie. Quand les chaînes ont annoncé la victoire de Clinton dans cet Etat, un porte-parole a annoncé par mail qu’elle avait levé des centaines de milliers de dollars en 20 minutes – 2,5 millions à 23h30. C’est une bonne nouvelle, mais il faut se rappeler qu’en termes d’argent récolté, Obama a toujours éclipsé Clinton. Qui sait, ça pourrait être différent cette fois.

Prochaine étape: l’Indiana. Les sondages récents sont indécis, mais Clinton a raison de craindre Obama dans cet Etat où les talents de basketteur comptent autant que les plans de relance de l’économie. Aucun suspense en revanche en ce qui concerne la Caroline du Nord.

Posté mardi 22 avril, sur Slate.
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