VIDEO. Soudan: Une centaine de personnalités signent une tribune pour «sauver Noura» de la peine de mort

JUSTICE La jeune fille a été condamnée à mort le 10 mai au Soudan pour avoir tué son mari violeur, au cours d’un procès qui ne semble pas avoir été équitable…

H. B.

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Plusieurs ONG et notamment Amnesty International ont dénoncé la semaine dernière la condamnation à mort de Noura Hussein.
Plusieurs ONG et notamment Amnesty International ont dénoncé la semaine dernière la condamnation à mort de Noura Hussein. — Kriz Krystof/AP/SIPA

Elle a été condamnée à mort le 10 mai au Soudan pour avoir tué son mari qui l’aurait violé. Dans une tribune publiée dans Le Monde, artistes, politiques ou journalistes réclament un procès équitable pour Noura Hussein Hamad, 19 ans, jugée et condamnée pour le meurtre de l’homme que son père l’avait forcée à épouser et qui, selon elle, l’avait violée.

Les signataires de cet appel assurent qu'« il faut sauver Noura », cette jeune soudanaise condamnée à mort le 10 mai dernier pour avoir tué son mari qui tentait de la violer. Si rien n’est fait d’ici vendredi, cette jeune femme de 19 ans sera exécutée.

L’ONU « extrêmement préoccupée »

On compte notamment parmi les signataires Eliette Abécassis (écrivaine), Isabelle Alonso (écrivaine), Ghislaine Arabian (chef-cuisinier), Saphia Azzeddine (romancière et réalisatrice), Nicole Bacharan (politologue, historienne), Elisabeth Badinter (philosophe), Josyane Balasko (actrice, réalisatrice), Nathalie Baye (actrice), Aurore Bergé (députée LRM des Yvelines)…

L’ONU s’est déclarée vendredi « extrêmement préoccupée » par cette affaire. « La discrimination et la violence, y compris la violence sexuelle, contre les femmes et les filles au Soudan ont violemment alerté l’attention dans cette affaire », a déclaré à la presse à Genève la porte-parole du Bureau des droits de l’Homme de l’ONU, Ravina Shamdasani.

La campagne « Justice pour Noura »

Le cas de la jeune fille a suscité l’indignation de militants des droits des femmes qui ont lancé la campagne « Justice pour Noura ». Dans ce pays régi par la charia (loi islamique) où les traditions tribales sont fortement ancrées dans la société, les mariages forcés, notamment de mineures, sont dénoncés depuis des années par des ONG et militants des droits de l’Homme.

Au Soudan, le viol conjugal n’existe pas. Le mariage est en revanche tout à fait légal dès lors que les enfants ont plus de 10 ans.