Le Brexit a coûté 1000 euros à chaque ménage britannique

ROYAUME-UNI Le gouverneur de la Banque d’Angleterre estime que les revenus réels des ménages sont «environ 900 livres plus bas» que les prévisions...

20 Minutes avec AFP

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Un militant contre le Brexit manifeste alors que les Lords préparent le débat sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
Un militant contre le Brexit manifeste alors que les Lords préparent le débat sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. — Guy Bell/Shutterstock/SIPA

Une estimation déjà contestée par les partisans du Brexit. La sortie de l'Union européenne a coûté « environ 900 livres » (autour de 1.000 euros) à chaque foyer britannique, a estimé mardi le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) lors d’une audition devant la Commission de la Chambre des communes au Trésor.

Interrogé sur les conséquences économiques du Brexit, Mark Carney a expliqué que « les revenus réels des ménages sont environ 900 livres plus bas que ce que nous avions estimé en 2016 », dans l’hypothèse que les Britanniques votent en faveur d’un maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne.

Inflation, lente progression des salaires et manque d’investissements

Comparée aux prévisions de l’institution à cette époque, la croissance britannique a progressé d’un point de moins que prévu. Mais, a-t-il ajouté, ce scénario de croissance avait été basé sur l’hypothèse d’un dynamisme économique « relativement faible » aux niveaux européen et mondial, alors que les résultats enregistrés ont été finalement bien meilleurs qu’attendu. En prenant en compte ce contexte favorable, l’économie britannique aurait perdu « jusqu’à 2 » points de croissance potentielle depuis le Brexit.

L’inflation due à la dépréciation de la livre, la lente progression des salaires, la faiblesse de la productivité et le manque d’investissements, à cause de l’incertitude du Brexit, ont été cités comme facteurs explicatifs.

« La croissance a été meilleure que certains ne l’attendaient après le référendum », a réagi un porte-parole de Downing Street, évoquant notamment, pour ces dernières semaines, « un taux de chômage au plus bas depuis 1975 » et une « hausse des salaires réels ».

Prévisions de croissance revues à la baisse

La prise de parole de Mark Carney devant la Commission de la Chambre des communes au Trésor intervenait deux semaines après que le Comité de politique monétaire (MPC) de la banque centrale a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019, à cause des mauvais résultats économiques du premier semestre.

Selon le MPC, la faible croissance alors enregistrée (+0,1 %, le pire résultat en cinq ans) est néanmoins due aux mauvaises conditions climatiques et l’institution s’attend à un meilleur deuxième trimestre.