Chine: Un défenseur de la langue tibétaine condamné à cinq ans de prison pour une vidéo

MINORITE Tashi Wangchuk a été condamné après avoir tourné une vidéo documentaire pour le New York Times, dans laquelle il explique ses positions…

20 Minutes avec AFP

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Un militant diffuse la vidéo de Tashi Wangchuk pour demander sa libération, en janvier 2018.
Un militant diffuse la vidéo de Tashi Wangchuk pour demander sa libération, en janvier 2018. — Ashwini Bhatia/AP/SIPA

Un défenseur de la langue tibétaine a été condamné mardi en Chine à cinq ans de prison pour « incitation au séparatisme », une affaire qui témoigne de l’extrême sensibilité de la question tibétaine dans le pays.

« Il prévoit de faire appel. Je pense qu’il n’a commis aucun crime et nous n’acceptons pas le verdict », a déclaré l’avocat de Tashi Wangchuk, Liang Xiaojun. Ce militant des droits des Tibétains, originaire du Qinghai, a été condamné à cinq ans de prison.

A l’origine de ce procès, le documentaire du quotidien américain New York Times en 2015 sur ce défenseur des droits humains. Dans cette vidéo de neuf minutes relatant son voyage vers Pékin, il tentait de sensibiliser les autorités et les médias à ce qu’il présente comme un déficit d’enseignement du tibétain dans les écoles de sa région.

La vidéo, utilisée comme preuve à charge

Le militant se plaignait également dans le documentaire du « massacre systématique » de la culture tibétaine. Tashi Wangchuk est détenu depuis janvier 2016. Il avait été interpellé peu de temps après la parution du reportage du New York Times.

Tashi Wangchuk avait plaidé non coupable. Mais la quasi-totalité des procès en Chine, notamment ceux traitant de questions sensibles, s’achèvent sur un verdict de culpabilité. Selon son avocat, le documentaire du New York Times était la principale preuve à charge utilisée par l’accusation. Tout au long de la vidéo, le militant souligne cependant qu’il souhaite plaider sa cause dans le cadre de la loi.

Mais le Parti communiste au pouvoir se méfie de toute opinion pouvant menacer l’intégrité territoriale du pays. Et perçoit souvent les revendications culturelles de Tibétains comme un risque de séparatisme. La région dont est originaire Tashi Wangchuk est intégrée à la Chine depuis plusieurs siècles. Pékin assure y avoir apporté de meilleures conditions de vie.

« Une injustice grossière »

Mais de nombreux Tibétains accusent le gouvernement de répression religieuse et culturelle et dénoncent l’arrivée de migrants venus d’autres régions de Chine.

L’organisation britannique de défense des droits de l’homme Amnesty International a décrit le verdict de mardi comme « une injustice grossière ». « Considérer du militantisme pacifique en faveur de la langue tibétaine comme une incitation au séparatisme va au-delà de l’absurde », a déclaré Joshua Rosenzweig, directeur pour l’Asie de l’est.