Grèce: Le maire de Thessalonique agressé par des présumés militants d'extrême-droite

AGRESSION La fille du dirigeant du parti d’extrême droite Aube dorée a félicité « tous ceux qui ont fait leur devoir à Thessalonique »…

20 Minutes avec agences
Yiannis Boutaris, maire de Thessalonique, a été agressé samedi 19 mai par de présumés extrémistes de droite.
Yiannis Boutaris, maire de Thessalonique, a été agressé samedi 19 mai par de présumés extrémistes de droite. — Achileas Chiras/Intime /SIPA

Il a été victime d’une « agression méprisable » mais dit aller « bien ». Yiannis Boutaris, le maire de Thessalonique (Grèce), était à l’hôpital dimanche 20 mai après avoir été agressé par de présumés extrémistes de droite.

La veille, l’élu de la deuxième ville du pays a dû être évacué sous escorte d’un rassemblement à la mémoire du massacre de Grecs de la mer Noire en Turquie pendant et après la Première Guerre mondiale. « Ils me frappaient partout, à coups de pied, de poings, la totale », a-t-il expliqué à l’agence de presse nationale ANA.

Un « anti-grec » pour les extrémistes

Des images montrent Yiannis Boutaris d’abord être interpellé par des participants. Puis, alors qu’il commençait à partir, des gens lui ont lancé des objets. Le maire est alors tombé à terre. Une poignée d’individus ont ensuite essayé de briser les vitres de sa voiture alors qu’il quittait les lieux.

Les services du Premier ministre Alexis Tsipras ont attribué l’incident à des « voyous d’extrême droite ». A l’inverse, la fille du dirigeant du parti d’extrême droite Aube dorée, Ourania Michaloliakou, a accusé M. Boutaris d’être « anti-grec » et a félicité ses agresseurs. « Bravo à tous ceux qui ont fait leur devoir à Thessalonique aujourd’hui. Respect et mille bravos », a-t-elle tweeté.

Des sujets sensibles en Grèce

Le maire âgé de 75 ans s’est souvent attiré les critiques d’extrémistes pour ses déclarations sur des questions sensibles comme la Macédoine, la Turquie et Israël. Il a ainsi qualifié Mustafa Kemal Ataturk, père de la Turquie moderne détesté par certains Grecs, de « grand dirigeant ».

Rapportant l’incident, le quotidien turc Hurriyet, lui, a relevé que M. Boutaris appelait les Turcs « frères » et avait proposé de rebaptiser au nom d’Ataturk une rue du centre de Thessalonique, où est né en 1881 le dirigeant turc. Par ailleurs, la police a annoncé avoir arrêté deux personnes en lien avec cette agression.