Japon: Tombé en dépression à cause du surmenage, un moine porte plainte contre ses anciens employeurs

BURN-OUT Ce moine bouddhiste affirme avoir dû travailler plus de deux mois d’affilée sans aucun jour de repos…

20 Minutes avec agences

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Un moine bouddhiste japonais est tombé en dépression à cause du surmenage. (illustration)
Un moine bouddhiste japonais est tombé en dépression à cause du surmenage. (illustration) — JEWEL SAMAD / AFP

Le burn-out touche tous les métiers, même ceux qui sont censés apporter la zenitude. Un moine a engagé des poursuites judiciaires contre les responsables de son ancien temple, situé sur le site sacré du mont Koya, au sud d’Osaka (Japon).

Il les accuse de l’avoir fait trimer de longues heures, jusqu’à le faire tomber en dépression. Ce quadragénaire leur réclame 8,6 millions de yens de dommages et intérêts (un peu plus de 65.000 euros), rapporte The Japan Times, jeudi 17 mai.

17 heures sans pause

Le plaignant, qui a souhaité rester anonyme, assure avoir été contraint d’accomplir des tâches allant bien au-delà de ses devoirs spirituels et avoir parfois travaillé plus de deux mois d’affilée sans aucun jour de repos. Certains jours, il pouvait même enchaîner 17 heures sans pause pour prendre en charge les nombreux touristes.

« Quand vous travaillez en tant que moine, trop souvent vous n’avez pas d’heures fixes, déplore l’avocat Noritake Shirakura. Vous fournissez un travail, mais on vous dit que cela fait partie de la formation religieuse et que vous devez le supporter même si cela vous cause de grandes souffrances ».

Le phénomène du « karoshi »

Cette situation n’est pas une première au pays du Soleil Levant. En 2017, un célèbre temple de Kyoto, Higashi Honganji, avait dû s’excuser publiquement pour heures supplémentaires non payées et harcèlement au travail.

Malgré tout, ce type d’affaires est rare dans le secteur religieux. Le surmenage au travail, en revanche, est un problème répandu au Japon qui peut entraîner la mort (crise cardiaque, accident vasculaire cérébral, suicide), un phénomène qui a même un nom : « karoshi ». Un rapport du gouvernement publié l’an dernier avait évalué à 191 les cas de « karoshi » sur l’année achevée fin mars 2017 et souligné que 7,7 % des salariés japonais effectuent plus de 20 heures supplémentaires par semaine.

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